Stade Toulousain: Grave blessure, doublons, phases finales... Pourquoi le plus dur reste à venir

RUGBY Leader du Top 14, qualifié pour les quarts de finale de Coupe d’Europe, le Stade Toulousain se prépare pourtant à vivre des semaines difficiles

Nicolas Stival

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Julien Marchand, le capitaine du Stade Toulousain, blessé pour de longs mois.
Julien Marchand, le capitaine du Stade Toulousain, blessé pour de longs mois. — P. Pavani / AFP
  • Le Stade Toulousain sera privé de son capitaine Julien Marchand, gravement blessé vendredi lors de France-Galles, pour de longs mois.
  • L’actuel premier du Top 14 croise les doigts pour ses autres internationaux, qui font cruellement défaut pendant la période des doublons.
  • Le comportement de Toulouse lors des matchs de phases finales pose question. L’équipe n’en a plus gagné un depuis près de quatre ans.

Le Tournoi des 6 Nations ne pouvait pas démarrer de pire façon pour le XV de France, battu vendredi par le pays de Galles (19-24). Ni pour le Stade Toulousain, qui a perdu son capitaine Julien Marchand, victime d’une rupture des ligaments croisés du genou gauche sur la dernière action du match. Une confirmation supplémentaire que pour le leader du Top 14, qualifié pour les quarts de finale de Champions Cup, le plus dur reste à venir.

La « tuile » Julien Marchand

A 23 ans à peine, Julien Marchand est devenu cette saison le capitaine du Stade Toulousain. Le talonneur a donc vu sa saison s’achever vendredi au Stade de France, comme Antoine Dupont, un an plus tôt lors de France - Irlande, à cause d’une blessure identique. Un énorme coup dur pour son club, dont Marchand s’est vite affirmé comme l’un des leaders incontestables, et une figure de proue pour la jeunesse qui participe au renouveau Rouge et Noir.

Pour le suppléer, au moins numériquement, le Stade pourra compter sur le vétéran Leonardo Ghiraldini (34 ans, 100 sélections en équipe d’Italie), mais pas avant la fin du Tournoi des 6 Nations, le 16 mars. Ou encore sur les inexpérimentés Peato Mauvaka (22 ans) et Guillaume Marchand (20 ans), le petit frère de Julien.

« Nous sommes dans une période où il va falloir être très vigilants », lançait le président Didier Lacroix avant le match contre Grenoble (29-16), le 27 janvier, prélude à des congés qui s’achèveront mercredi matin. Il ne croyait pas si bien dire.

Les doublons, période de tous les dangers

Ils sont une spécificité du rugby, qu’aucun autre sport ne lui envie : les doublons Top 14-matchs du XV de France. Pendant ce Tournoi, il y en aura cinq, dont deux « vrais » : le 23 février, jour de Toulouse-Montpellier et de France-Ecosse ; puis le 16 mars, jour de Toulouse-Lyon et d’Italie-France.

Mais il faut aussi inclure les « faux » doublons : ceux qui ne se déroulent pas en même temps qu’un match des 6 Nations, mais lors desquels les internationaux restent avec les Bleus : après Toulouse-Grenoble, gagné avec bonus mais non sans difficulté, il s’agira de Racing 92 - Toulouse, le 17 février, puis de Stade Français - Toulouse le 3 mars. Du lourd…

Sept Rouge et Noir avaient été sélectionnés contre Galles : outre le malheureux Marchand, il s’agit de Ntamack, Huget et Médard (titulaires), ainsi que d’Aldegheri, Dupont et Ramos (hors groupe). « On franchira cette période délicate uniquement par l’émulation de notre groupe », assure l’entraîneur Ugo Mola, qui croise les doigts pour ses six « rescapés ».

Voici deux ans, les doublons avaient précipité la chute de Toulouse, non qualifié pour les phases finales. Avec 14 points d’avance sur le septième (le Racing 92), le Stade dispose cette fois d’un bon matelas et peut penser printemps. Mais pour s’assurer d’une place directe en demi-finale, il faut finir dans les deux premiers. Au bout de 15 journées (sur 26), Toulouse compte huit points d’avance sur le troisième, La Rochelle, où il faudra se déplacer le 23 mars.

L’inconnue des phases finales

Le club le plus titré de France (19 sacres) et d’Europe (quatre titres, à égalité avec le Leinster) n’a plus gagné un trophée depuis le Bouclier de Brennus 2012. Une éternité pour les supporters, forcément impatients de voir leur équipe ramener une coupe à la maison.

Mais Didier Lacroix, en poste depuis l'été 2017, freine tout élan d’enthousiasme prématuré. « Je ne suis pas sûr que l’on soit devenu les favoris du championnat car il y a de très, très grosses formations et qu’on ne connaît pas le comportement de notre équipe dans ce qui est une autre compétition : les phases finales. »

Pour trouver trace d’un succès toulousain lors d’un match couperet, il faut remonter au 20 mai 2015, lors d’un barrage du Top 14 contre Oyonnax (20-19). Depuis ? Trois échecs en championnat (une demie et deux barrages) et un en Champions Cup (rouste en quart de finale au printemps 2017 chez les Irlandais du Munster, 41-16).

La saison dernière, c’est Castres qui était venu surprendre son voisin à Ernest-Wallon en barrage du Top 14 (11-23), avant de devenir champion de France 15 jours plus tard. On comprend mieux le discours prudent du président toulousain au moment d’évoquer la fin de saison. Notamment en Coupe d’Europe, puisque son équipe se déplacera (encore) à Nanterre chez le Racing 92 le 31 mars en quart de finale, avant une éventuelle demie en Irlande, chez le vainqueur du quart Leinster – Ulster. Compliqué…