La Turquie ne compte que sur elle
EURO2008 – La Turquie prépare son quart de finale contre l’Allemagne. En pleine chaleur et sans trop se soucier des absences, qui pourraient obliger le sélectionneur à ne coucher que treize noms sur sa feuille de match…A Vienne, Antoine Maes
Décidément, la sélection turque ne fait rien comme tout le monde. Les autres sont au frais dans les montagnes autrichiennes ? La Turquie a choisi le stade en chantier de l’Austria de Vienne, coincé entre une scierie industrielle et une bretelle du périphérique de la capitale, pour tenter de se qualifier pour sa première grande finale. Ce sera contre l’Allemagne, jeudi. Alors que les trois autres demi-finalistes présenteront une équipe complète, la Turquie, elle, alignera une équipe B.
Quatorze hommes et un coup fin
Car Fatih Terim, le sélectionneur turc, a fait ses comptes. Entre les suspendus et les blessés, «L’Empereur» n’a que quatorze guerriers a couché sur sa feuille de match. Dont le 3e gardien. «Comme remplaçant, il pourrait intervenir à la fin de la partie, soit comme gardien, soit comme avant-centre. Compte tenu de la situation, nous ne pouvons plus nous permettre le luxe de laisser chaque joueur décider du poste auquel il veut jouer», a menacé l’entraîneur turc. Du coup, ce sont les remplaçants qui sont contents…
Semih Senturck n’aurait eu aucune chance de prendre part aux chocs face aux Allemands en tant que titulaire. Même en étant le héros du match contre la Croatie, en égalisant au bout du temps réglementaire des prolongations. «On ne connaît pas encore les choix du coach», plaide l’attaquant. Mais devant la pénurie, nul doute qu’il sera titulaire mercredi soir. «Les joueurs considèrent Terim comme leur père. Il saura motiver les joueurs qui vont remplacer les absents. Il va nous dire «joue ton football, j’ai confiance en toi». «En fait, c’est le meilleur entraîneur que j’ai jamais croisé», explique Gohkan Zan, le défenseur turc.
Et l’UEFA au milieu
Au milieu de toutes ces tuiles, la Turquie ne peut compter que sur elle-même. Elle ne s’attendait pas à autre chose. L’UEFA a rejeté lundi son appel visant à réduire la suspension de Volkan, le gardien, expulsé face aux tchèques lors de la phase de poule. Elle a aussi décidé de ne pas donner suite à la demande turque de rappeler un joueur au vu du nombre de blessés et de suspendus. Une faveur qui avait été accordée à… l’Allemagne, en 1996.


















