Turquie: le miracle permanent

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Publié le 21 juin 2008.

EURO2008 - En inversant le score pour la 3e fois de la compétition, les Turcs compostent leur billet pour les demi-finales. L'Allemagne est prévenue...

Le parcours turc confine à l’irréel. Face aux Croates, les hommes de Fatih Terim sont revenus au score à la dernière seconde des prolongations, avant de se qualifier aux tirs au but (3-1). Comme contre la Suisse (2-1) et la République Tchèque (3-2).


Terim le terrible


C’est compliqué d’expliquer les miracles. Mais dans la bouche des Turcs, un homme endosse le costume du talisman. C’est l’entraîneur, Fatih Terim. L’ancien coach du Milan AC, c’est déjà une «gueule»: bronzage au poil, chemise ouverte sur le torse, et regard de tueur. Le genre de zouave à vous retourner un vestiaire en levant un sourcil. «La foi qui anime cette équipe, elle vient de lui. Avec cet entraîneur, tu ne peux pas baisser la tête. Sinon…», explique Kazim Kazim sans finir sa phrase. Du coup, le groupe turc est à deux doigts de passer pour une secte. «Avant chaque match, on sait qu’on est là pour jouer jusqu’à la mort» explique le Sochalien Mevlut Erding.

Un coach qui donne vite dans la grandiloquence quand il s’agit de parler du parcours de son équipe. «La Turquie devient l’une des grandes nations du football. Ce qui nous arrive est unique dans l’histoire. Si notre peuple est fier de nous, nous sommes aussi fiers de lui», a balancé le Turc en conférence d’après-match. Message reçu par le peuple. Les 74 000 Turcs de Vienne se sont empressés d’envahir la vieille ville et d’y clamer leur fierté toute la nuit.


La chance appelle la chance


La mine déconfite des Croates est là pour en témoigner. La tornade turque fait des dégâts. D’autant plus que leur jeu restrictif ne prédispose en rien à des fins de match épiques. «Honnêtement, on était les plus forts. Ce match, c’est un film d’horreur. Sans être bon, on se crée des occasions, qu’on ne met pas. Et en fin de match, il y en a un qui frappe, c’est contré, et ça part direct en lunette» se lamente Vedran Runje, le gardien lensois, remplaçant de Pletikosa.

C’est le propre de cette équipe. Elle n’impressionne pas. Sa défense est rigoureuse, sans plus. Son milieu ne surnage que grâce au magnifique Tunçay. Son attaque est sans imagination, et très dépendante de Nihat, le capitaine. Mais elle est bénie. «Maintenant, je souhaite juste à l’Allemagne de se mettre à l’abri assez tôt», claque Runje sous forme d’au revoir.

A Vienne, Antoine Maes
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