Finale de la Coupe Davis: Chardy et Tsonga? «Un choix subtil, très compliqué», justifie Yannick Noah

TENNIS Le capitaine s'en remet à ses sensations lors de la préparation...

N.C. avec AFP

— 

Yannick Noah à l'entraînement des Bleus avec Jo-Wilfried Tsonga, avant la finale de Coupe Davis contre la Croatie à Lille, le 22 novembre 2018.
Yannick Noah à l'entraînement des Bleus avec Jo-Wilfried Tsonga, avant la finale de Coupe Davis contre la Croatie à Lille, le 22 novembre 2018. — CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

Le capitaine français Yannick Noah a évoqué un «choix très compliqué» après avoir retenu Jo-Wilfried Tsonga et Jérémy Chardy pour les premiers simples de la finale de Coupe Davis contre la Croatie vendredi à Lille, écartant au passage son numéro 1 Lucas Pouille.

Comment avez-vous effectué votre choix d'aligner Chardy et Tsonga vendredi?

On sait qu'il y a un délai avant de pouvoir vraiment maîtriser la surface (terre battue). Cela prend du temps. Certains joueurs prennent moins longtemps, d'autres plus. Ensuite, quand on regarde au quotidien ce qu'il se passe, les réactions, toutes les réactions de l'intérieur... J'ai pensé que la meilleure chose pour l'équipe était de commencer vendredi avec ces deux joueurs. On a une dynamique. Il y a un choix, je ne dis pas que c'est facile. Ce n'est jamais facile. Celui-là a été très compliqué, subtil. La première question, c'était de savoir qui me semble prêt vendredi. Il y a trois joueurs, il fallait en choisir deux. J'ai choisi ces deux-là, sachant que Lucas (Pouille) est prêt à rentrer à tout moment.

Qu'est-ce qui a fait pencher la balance en faveur de Jo-Wilfried Tsonga et Jérémy Chardy?

Dans la mesure où il n'y a pas eu vraiment de joueurs qui sont sortis du lot au niveau des résultats, je me dis qu'il n'y a pas forcément une dynamique très positive depuis quelques temps donc l'idée c'était de se retrouver et de se servir de notre énergie de groupe. Tous les joueurs, que ce soit ceux qui sont ici et ceux qui ne sont pas là mais ont fait le maximum pour être là, tous se sentent motivés par cet objectif, chacun avec son parcours. Certains vont arriver en manque de confiance, certains vont arriver en manque de repères, certains vont arriver avec des problèmes physiques et le but c'est de prendre les meilleurs et de les amener le plus loin possible.

Jo-Wilfried Tsonga manque de repères cette saison. Est-ce un saut dans l'inconnu pour vous?

Franchement, pas du tout. Je le vois jouer tous les jours depuis dix jours. Oui il y a des joueurs qui ont fait de très bons matchs en janvier ou février... mais là on est dans le présent, dans l'action, on essaie d'être concentré sur le présent. Jo m'a vraiment surpris. Ce n'est pas la première fois que je suis cette logique avec certains joueurs ou certaines joueuses. Pour lui c'était le projet: revenir, retrouver des points de repères, retrouver la vraie compétition, retrouver des vrais entraînements dans des conditions propices et naturellement il est rentré dedans car il ne débute pas, ce n'est pas sa première sélection.

Pourquoi avoir choisi Jérémy Chardy?

Je pense que c'est un très bon joueur, qui a un potentiel énorme. Je suis content qu'on ait pu passer autant de temps à travailler certaines choses qu'il n'a peut-être pas l'habitude de travailler. Et à la fin, on fait des exercices, on joue des matches, on fait des tests et il est très performant. D'expérience de joueur, de spectateur et de capitaine, mon sentiment c'est qu'un match de Coupe Davis ça se gagne. C'est celui qui attaque qui gagne et c'est un formidable attaquant. J'attends de lui qu'il joue comme il sait jouer.

Quelle est la principale force de votre équipe?

On a quasiment joué tous les tours avec des équipes différentes, c'est notre force. C'est cette cohésion, cette faculté pour des joueurs de l'extérieur, pour des remplaçants, à rentrer, assurer et performer. C'est notre force. On va l'utiliser, on va mettre tous les atouts de notre côté pour essayer de gagner trois points, neuf sets.