France-Allemagne: Trous d'air, niveau des entrants... Ce que dit la très pénible première période des Bleus
FOOTBALL•«On s'est fait transpercer, littéralement», a résumé Didier Deschamps...Au Stade de France, Nicolas Camus
La réaction a été belle, aussi emballante que ce qui avait été fait avant avait piqué les yeux. Si la France s’en est sortie face à l’Allemagne, jeudi soir, personne n’oubliera la souffrance des 45 premières minutes. «On s'est fait transpercer, littéralement», a résumé Didier Deschamps après la rencontre. Le sélectionneur en tirera sûrement pas mal d’enseignements. Parce qu’on a le droit d’être très exigeants avec des champions du monde, attardons-nous un peu sur cette première période, qui dit bien des choses sur ces Bleus-là.
Que la décompression post-Coupe du monde est encore là
Commençons par le moins grave, parce que c’est passager. Enfin, normalement. Les Bleus ne sont pas complètement redescendus sur terre. Ça peut se comprendre, repartir au turbin après avoir touché ce qui se fait de mieux dans son domaine est toujours un vrai problème. «On vient de sortir d'une Coupe du monde, c’est bête à dire mais se remettre dans le coup, c'est assez compliqué, reconnaît Griezmann. Il faut se remettre dedans, retravailler, c'est dur de jouer comme nous le faisons. Cela demande beaucoup d'efforts physiquement et mentalement, et il y a des coups de moins bien.» Cela avait été le cas face à l’Islande, et malgré l’avertissement dont tout le monde avait pris conscience, promis-juré-craché, la mise en jambes a encore traîné en longueur. L’excuse sera encore un peu acceptable en novembre, mais à partir de 2019, ce sera non.
Que cette équipe est toujours en réaction
Pour un peu, on pourrait dire que c’est la conséquence directe du premier point. T’es pas dedans, donc tu souffres, donc t’es mené, donc t’as plus le choix, faut y aller. Sauf que c’est un peu trop habituel pour ne s’expliquer que par ça. Subir avant de réagir, c’est une tendance lourde de l’histoire de ces Bleus. On peut ressortir des cartons le barrage face à l’Ukraine pour aller au Brésil, le 8e de finale de l’Euro contre l’Irlande, ou convoquer des souvenirs plus récents comme l’Australie, l’Argentine et la Belgique à la Coupe du monde. Et l’Islande, bien sûr.
«Il ne faut pas prendre cette mauvaise habitude d’être mené au score, relève Lloris. On a vu des lacunes en première période... On le sait, si on ne rentre pas dans le match avec l’agressivité et l’intensité qu’il faut, on se met en difficulté». «La première période, ce n'était pas nous, regrette Griezmann. Ni dans les duels, ni dans les efforts pour les coéquipiers». Bien sûr, la capacité d’adaptation à l’adversaire et la force de caractère de ces Bleus sont remarquables, on l’a beaucoup dit. Mais peut-être qu’un jour, le ressort cassera à force d’avoir été trop usé.
Qu’en 4-4-2, le côté droit (surtout) a beaucoup de mal
Mbappé avait défendu pendant le Mondial, enfin surtout après les critiques du premier match. Là, il n’avait visiblement pas trop envie et Pavard a passé une sale soirée. Comme en début de match face à la Belgique avec Hazard l’été dernier, il a souvent vu Sané débouler à pleine vitesse, aidé en plus par un deuxième homme, en l’occurrence Schultz. Ce n’est pas uniquement de sa faute, mais le joueur de Stuttgart, qui évolue dans l’axe en club, ne s’impose pas comme l’assurance tout risque à son poste. Et son apport offensif ne compense pas.
Après, le côté droit n’a pas été le seul endroit du terrain ouvert aux quatre vents pendant cette première période. C’est venu de partout, parce que Kanté et Pogba ont été submergés. «On a joué un peu haut en première, sans mettre de pression sur le porteur, et ça nous a mis en difficulté, explique Lloris. Ils ont utilisé les espaces comme il fallait». Jusqu’aux abords de la surface en tout cas, heureusement pour les Bleus la conclusion a été plus compliquée. «On faisait les efforts, mais pas ensemble», nuance Varane.
Que les entrants ont du mal à se mettre au niveau
La lumière était forcément un peu sur lui, puisqu’il était le seul titulaire qui ne faisait pas partie de l’équipe-type du Mondial. Kimpembe, remplaçant naturel d’Umtiti, est encore passé à côté. Il ne pouvait pas non plus s’arracher le bras, mais le penalty, c’est lui. L’action qui aurait dû faire 2-0 pour les Allemands, c’est lui aussi avec une remontée à contretemps. Et on a noté quelques relances hasardeuses pour finir le tableau d'une première période fébrile.
«On ne peut pas remplacer comme ça au pied levé quelqu'un (Umtiti) avec des automatismes, des habitudes, note Deschamps. Ça passe par là. Il a toute la qualité pour, il peut faire mieux.» Le problème, c’est que le constat vaut également pour Dembélé, Thauvin et Nzonzi, lancés au coup d’envoi contre l’Islande. Aucun ne donne l’impression de pouvoir bousculer les patrons, en tout cas pour l’instant. D’ailleurs, le match a tourné sans avoir besoin de changer les joueurs, ce qui est un signe.
Que les prochains adversaires savent ce qu’ils ont à faire
C’est simple, il suffit de jouer à trois derrière. C’est DD qui le dit: «C'est toujours difficile quand on joue contre une équipe qui joue avec trois défenseurs axiaux, Antoine n'aime pas ça, les autres attaquants non plus». Bon, s'il suffit de repasser en 4-3-3 à chaque fois, ça ira.


















