Champions Cup: Le Stade Toulousain se fait tout petit avant de retrouver la grande Coupe d’Europe

RUGBY Après un an à l'étage inférieur, le Stade Toulousain fait son retour en Champions Cup, dans une poule très relevée...

Nicolas Stival

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L'ailier du Stade Toulousain Maxime Médard lors du match de Champions Cup au Recreation Ground de Bath, le 25 octobre 2014.
L'ailier du Stade Toulousain Maxime Médard lors du match de Champions Cup au Recreation Ground de Bath, le 25 octobre 2014. — A. Fosker / Seconds L / Rex / Sipa
  • Toulouse débutera ce samedi à Bath, avant de se frotter au redoutable Leinster, le tenant du titre, puis aux Wasps.
  • Dans une poule uniquement composée d'anciens champions d'Europe, les Rouge et Noir sont loin de partir favoris.

Du haut de cette poule 1, onze Coupes d’Europe vous contemplent. Pour son retour en Champions Cup, après une saison de purgatoire dans la modeste Challenge Cup, le Stade Toulousain a tiré le gros lot. Il devra se coltiner deux équipes anglaises : Bath (un titre) et les Wasps (deux).

Mais il devra surtout se frotter aux Irlandais de Leinster. En matant le Racing 92 en finale, début mai à Bilbao (15-12), la province basée à Dublin a rattrapé les Rouge et Noir sur le toit du continent, avec un quatrième trophée dans l’armoire. « Pendant très longtemps, le Stade Toulousain a été le leader incontesté en Europe, là on repasse par la case départ », constate l’entraîneur Ugo Mola, dont l'équipe, titrée en 1996, 2003, 2005 et 2010, n'avait jamais raté la Ligue des champions du rugby avant l'an dernier.

Seul le premier de chacune des cinq poules, ainsi que les trois meilleurs deuxièmes, verront le printemps et les quarts de finale. « Au regard de notre poule, on peut légitimement penser qu’elle ne livrera pas un meilleur second », estime Mola, devant la densité de ce groupe 1.

Leinster, le croque-mitaine

Le Stade, actuel sixième du Top 14, commencera sa campagne samedi à Bath, face à l’adversaire a priori le plus prenable du lot. Les boys de la cité thermale occupent la huitième place du championnat anglais, alors que les Wasps sont troisièmes.

Mais le croque-mitaine de la poule est clairement le Leinster de l’ouvreur-capitaine-buteur-stratège Jonathan Sexton, qui débarquera à Ernest-Wallon dès le 21 octobre. La saison dernière, les Dublinois avaient remporté leurs neuf matchs de Champions Cup. Vendredi soir, ils ont lancé l'épreuve en corrigeant les Wasps (52-3).

« La Coupe d’Europe est calibrée pour ces équipes, alors que les championnats anglais et français sont plus âpres », relève Mola. Les Irlandais évoluent en effet en Pro 14 – ils en sont les tenants du titre — au milieu de formations galloises, écossaises, italiennes et même sud-africaines. Les Celtes font souvent tourner dans cette compétition bien moins prestigieuse pour eux que la Coupe d’Europe.

Alors que peut espérer le Stade ? « Nous voulons figurer le mieux possible, répond l’expérimenté ailier Yoann Huget, hors du groupe pour ce premier déplacement en Angleterre. La poule est compliquée, on le sait. Si on n’est pas prêt, on prendra de l’expérience, on grandira pour revenir plus fort l’an prochain. »

Plus de titre depuis six ans pour le Stade

Un discours pas vraiment en phase avec le passé glorieux de Toulouse. Mais plutôt raccord avec l’actualité d’un club dont l’épais palmarès prend la poussière depuis six ans et son 19e Bouclier de Brennus.

« Aujourd’hui tout le monde est équipé et a relevé le niveau, appuie le jeune talonneur Julien Marchand (23 ans), habituel capitaine qui débutera sur le banc à Bath. C’est dur d’arriver à décrocher un titre. Pour l’instant, cela reste dans le cadre du rêve. Et il faut travailler pour rêver. »

Du côté du staff, on se veut (un peu) plus conquérant. « Quand tu récoltes un champion en titre qui n’a quasiment pas perdu de matchs en deux éditions [deux, contre Montpellier en poule puis Clermont en demi-finale, en 2016-2017], ça paraît compliqué, avertit Mola. La qualification reste malgré tout un objectif qu’on a tous derrière la tête. »

Et si jamais il n’est pas atteint, on croit comprendre que le Stade et son effectif quantitativement limité pour jouer sur deux tableaux n’en feront pas tout un drame. « On va gagner en expérience et ce sera plus que profitable pour l’avenir du club », assure Mola.