Strasbourg: Le tribunal valide l'arrêté de lancement du chantier du Grand contournement ouest

JUSTICE Plus de deux semaines après l’évacuation de la ZAD de Kolbsheim (Bas-Rhin), le tribunal administratif de Strasbourg n'a pas suspendu l’arrêté d'autorisation du projet autoroutier controversé du GCO…

Bruno Poussard

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Les opposants au projet autoroutier de Grand contournement ouest après la décision du tribunal sur l'autorisation du début du chantier à Strasbourg.
Les opposants au projet autoroutier de Grand contournement ouest après la décision du tribunal sur l'autorisation du début du chantier à Strasbourg. — B. Poussard / 20 Minutes.

C’était comme un recours de la dernière chance pour les opposants. Mais les juges du tribunal administratif de Strasbourg ont rejeté ce mardi la requête en référé de l’association Alsace Nature. L’arrêté d’autorisation du début du chantier de construction du projet autoroutier du Grand contournement ouest (GCO) pris le 31 août par le préfet du Bas-Rhin n’est donc pas suspendu.

Pourquoi cette décision ?

Les juges ont émis « un doute sérieux » devant les « conclusions défavorables de la commission chargée de l’enquête publique » sur les travaux. Pourtant, face aux « troubles à l’ordre public » liés aux actions contre les déboisements et à la forte présence de gendarmes, ils ont « considéré que la suspension de l’arrêté porterait une atteinte à l’intérêt général. »

Quelles sont ses conséquences ?

Après les travaux préparatoires (comme les déboisements des forêts de Kolbsheim ou Vendenheim), les travaux définitifs des concessionnaires Arcos (filiale de Sanef) et Vinci pourront débuter sur le tracé de 24 km. Une fois que les fouilles archéologiques et sondages géotechniques seront terminés.

Les opposants au projet autoroutier de Grand contournement ouest après la décision du tribunal sur l'autorisation du début du chantier à Strasbourg.
Les opposants au projet autoroutier de Grand contournement ouest après la décision du tribunal sur l'autorisation du début du chantier à Strasbourg. - B. Poussard / 20 Minutes.

Quelles suites maintenant ?

Le recours sera jugé sur le fond dans quelques mois. « La décision des juges des référés n’est pas toujours suivie ensuite, clame Maurice Wintz, d’Alsace Nature. Tant que tous les recours ne sont pas purgés, on continuera à se battre. » Autour de lui (et d’autres), les opposants déçus se sont rassemblés à 18h près de la préfecture, place Broglie. Et ils ne veulent pas baisser les bras.

Venue aux côtés de l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot, la députée LREM du Bas-Rhin Martine Wonner « pense qu’on va aussi aller en cassation. Mais sur le fond, j’ai envie d’y croire. […] J’en ai discuté avec le Premier ministre hier, pour lui, le dossier est lancé, il ne voit pas pourquoi ça s’arrêterait. Mais aucune réponse ne m’a été apportée sur le fond… »

« J’ai le sentiment que le dossier n’est pas connu par les ministres Rugby et Borne. Je veux démontrer à mon gouvernement que ce projet est complètement inique [injuste]. Il n’est jamais trop tard », assure-t-elle

Et les militants jugés ?

Plus tôt dans l’après-midi, deux militants anti-GCO ont pour leur part été jugés par le tribunal correctionnel de Strasbourg en comparution immédiate. Interpellée la veille dans des arbres dont elle voulait empêcher la coupe, la première, habitante de Pfulgriesheim, s’est vue reprocher l’utilisation d’une bombe lacrymogène en direction d’un gendarme.

Interpellé cinq jours plus tôt face aux engins de déboisement à Breuschwickersheim, le second a, lui, été accusé d’avoir jeté de la peinture puis un extincteur sur des gendarmes lors de l’évacuation de la ZAD à Kolbsheim. Ils ont hérité de peines de prison avec sursis, huit mois pour lui, trois mois pour elle. Après neuf interpellations, ils sont les seuls, jusqu’ici, à avoir été jugés.