Coupe du monde 2023: Match du XV de France, All Blacks... Voici ce que Toulouse peut espérer

RUGBY Claude Atcher, directeur général de la Coupe du monde 2023, était de passage à Toulouse ce mardi…

Nicolas Stival

— 

Kieran Read mène le haka des All Blacks avant le match contre l'Afrique du Sud, le 15 septembre 2018 à Wellington.
Kieran Read mène le haka des All Blacks avant le match contre l'Afrique du Sud, le 15 septembre 2018 à Wellington. — D. Lintott / REX / Shutterstock / Sipa
  • Plus petit stade de l’épreuve, le Stadium accueillera au minimum quatre matchs.
  • Les Toulousains verront la France et/ou la Nouvelle-Zélande.
  • Comme en 1999 et 2007, Toulouse n’aura pas droit aux phases finales.

C’est parti. Claude Atcher a entamé sa grande tournée des villes hôtes de la Coupe du monde de rugby, que la France hébergera pendant 45 jours, du 8 septembre au 22 octobre 2023. Après Lyon vendredi et en attendant le « terminus » à Nantes le 25 octobre, le directeur général de l’événement s’est arrêté à Toulouse ce mardi, pour y rencontrer Vincent Terrail-Novès, vice-président de la métropole en charge des sports.

L’objectif de ce tour du pays : rassurer les collectivités locales. « Au début, il y avait de la méfiance, aujourd’hui les relations sont apaisées et constructives », assure l’élu toulousain.

Vincent Terrail-Novès et Claude Atcher au siège de Toulouse Métropole, le 2 octobre 2018.
Vincent Terrail-Novès et Claude Atcher au siège de Toulouse Métropole, le 2 octobre 2018. - N. Stival / 20 Minutes

« Lors de la Coupe du monde 2007, il y avait une frustration des villes car elles n’avaient pas directement participé à la distribution des bénéfices, souligne Claude Atcher. Quant à l’Euro 2016 de football, c’était différent, avec une société privée de droit suisse [l’UEFA] au cahier des charges beaucoup plus lourd que notre Coupe du monde 2023. »

Cette fois, promis, la convention entre le groupement d’intérêt public (GIP) France 2023 et les municipalités sera équilibrée. « Toutes les villes auront le même pourcentage des bénéfices [une somme totale de 68 millions d’euros est espérée], dont l’ensemble doit aller à des actions de développement du rugby, à condition qu’elles présentent des projets éligibles », ajoute ce proche du président de la FFR Bernard Laporte.

En revanche, tous les stades n’auront pas accès aux meilleures affiches. Avec 33.150 places, le Stadium de Toulouse présente la plus faible capacité sur les neuf enceintes retenues.

Combien de matchs à Toulouse ?

Déjà, il faut oublier les quarts, demies et bien sûr la finale dans cette compétition entre 20 pays. « La capacité du Stadium est quand même un frein », glisse Vincent Terrail-Novès. « On ne va pas pratiquer la langue de bois : ce sera compliqué d’organiser deux quarts de finale à Toulouse vu la taille du stade », euphémise Claude Atcher.

Les phases finales seront réservées aux grandes enceintes de Lyon (59.000 places), Marseille (67.400) et au Stade de France (81.300), qui abritera logiquement la finale. Et le Stadium alors ? Chacune des enceintes retenues pour 2023 est assurée d’héberger au moins quatre rencontres de poule. C’est le nombre de matchs auxquels Toulouse avait déjà eu droit en 2007, après les deux de l’édition 1999.

Quelles affiches ?

« On va réfléchir ensemble au programme le plus attractif possible vu le positionnement de Toulouse sur la cartographie du rugby français », développe Claude Atcher. Concrètement ? Même si les poules ne seront pas connues avant décembre 2020, le Stadium verra jouer la France et/ou la Nouvelle-Zélande. « Pourquoi pas les deux ? », sourit le DG de la Coupe du monde.

France - Namibie en 2007, en pleine «Chabalmania».
France - Namibie en 2007, en pleine «Chabalmania». - Nivière / Sipa

Les fans occitans peuvent donc rêver en Bleu et en Noir, même si les adversaires respectifs ne seront pas forcément des plus prestigieux. En 2007, déjà, le XV de France avait laminé la Namibie (87-10) à Toulouse, alors que les All Blacks y avaient corrigé la Roumanie (85-8).

La région devrait également accueillir un ou plusieurs camps de base des équipes pendant les matchs de poule. Et pourquoi ne pas héberger quelques-unes des nations éliminées au fur et à mesure de la compétition ? Pour la première fois, celles-ci seront invitées par la France à rester jusqu’au bout de l’épreuve, « pour partager leur culture et leur expérience sportive dans les villes et les clubs », précise Atcher.

Le retour du XV de France à Toulouse, c’est pour quand ?

Les Bleus reviendront jouer avant 2023, assure Claude Atcher, qui ne donne pas de date plus précise. Le comité d’organisation souhaite en effet que chaque cité hôte accueille des matchs internationaux avant la Coupe du monde. La dernière visite du XV de France dans la Ville rose remonte au 12 novembre 2016, lors d'une démonstration face aux Samoa (52-8). Auparavant, il avait fait faux bond à la « capitale du rugby » pendant sept ans, depuis un superbe succès contre les Springboks (20-13).

Les dernières demi-finales du Top 14 à Toulouse remontent quant à elles à 2012. Aujourd’hui, la ville ne peut plus lutter. « On aimerait les accueillir de nouveau mais à l’époque, le cahier des charges de la LNR n’était pas le même », remarque Vincent Terrail-Novès. La concurrence non plus. « Quand vous êtes face à Lyon, Bordeaux ou Marseille, vous êtes dans une autre compétition », constate l’élu.

Y aura-t-il une fan-zone ?

Le comité d’organisation n’impose rien aux villes sur ce point-là. Et pour Vincent Terrail-Novès, « le sujet n’est pas du tout tranché ». « Cela dépendra aussi des exigences en termes de sécurité à ce moment-là », lance-t-il en insistant aussi sur la date de la compétition – la rentrée n’étant pas forcément une période propice aux grandes soirées festives - et sur une autre grande inconnue : le parcours des Bleus de Jacques Brunel (ou de son successeur).

Au fait, y aura-t-il une mascotte pour ambiancer l’événement, sur le modèle du sympathique Super Victor de l’Euro de foot 2016 ? Rien n’est encore sûr. En revanche, forcément, France 2023 aura un slogan et un logo, qui seront dévoilés le 15 novembre. Soit un an pile poil après l’obtention de l’organisation de la Coupe du monde, au grand dam de l’Afrique du Sud et de l’Irlande.