Stade Toulousain: «Joueur incroyable», «leader naturel»... Rynhardt Elstadt, l'indispensable

RUGBY Méconnu du grand public, le troisième ou deuxième ligne sud-africain sera encore l’un des principaux atouts de Toulouse, samedi en Top 14 contre le champion de France castrais…

Nicolas Stival

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Rynhardt Elstadt, le troisième ou deuxième ligne du Stade Toulousain, face à Montpellier, le 18 mars 2018 au stade Ernest-Wallon de Toulouse.
Rynhardt Elstadt, le troisième ou deuxième ligne du Stade Toulousain, face à Montpellier, le 18 mars 2018 au stade Ernest-Wallon de Toulouse. — P. Pavani / AFP
  • Rynhardt Elstadt est l’un des meilleurs plaqueurs du Top 14.
  • L’ancien joueur des Stormers se veut « un leader par l’exemple ».
  • Quand il ne joue pas, il assouvit sa passion : le pilotage d'avion.

Voici tout juste un an, le Sud-Africain Rynhardt Elstadt débarquait en France dans un anonymat certain. Ses nouveaux coéquipiers du Stade Toulousain ont vite appris à le connaître. « Dès le premier entraînement, alors que nous jouions à toucher, le premier truc qu’il a fait, c’est de plaquer, sourit l’ailier Arthur Bonneval. C’est un joueur incroyable, il nous fait du bien. Je ne l’ai jamais vu faire un mauvais match. »

Aujourd’hui, l’ancien troisième ou deuxième ligne des Stormers et de la Western Province (28 ans), redoutable défenseur, fait partie des meubles. « Rynhardt a beaucoup de caractère et met énormément d’engagement dans ce qu’il fait, apprécie William Servat, l’un de ses entraîneurs. Il donne tellement de sa personne qu’il est devenu un leader naturel et incontournable. »

Généreux, le Sud-Africain préfère donner que recevoir.
Généreux, le Sud-Africain préfère donner que recevoir. - H. Evans / Rex Shutterst / Sipa

Avec 78 plaquages en quatre matchs de Top 14, Elstadt apparaît au troisième rang de ce classement spécifique selon la LNR, derrière le sécateur du Stade Français Sekou Macalou (97) et le découpeur du LOU Patrick Sobela (79), qui ont chacun joué cinq rencontres.

Comme beaucoup d’autres cadres, le natif de Johannesburg a été ménagé lors du dernier déplacement à Montpellier, qui a tourné à la débandade (66-15). Car samedi, c’est le champion castrais qui débarque à Ernest-Wallon. « Je ne suis pas persuadé que le mot "derby" représente beaucoup de choses pour lui, observe Servat. En revanche, il sera présent sur le match, je n’ai pas vraiment d’inquiétude là-dessus. »

« Une grosse revanche » face à Castres

« J’ai l’habitude des gros derbys, entre les Stormers et les Bulls [en Super Rugby], rectifie le très dense Elstadt (1,98 m, 117 kg). J’ai joué le quart de finale [un barrage en fait] la saison dernière contre Castres [11-23]. Samedi, ce sera une grosse revanche pour rectifier les erreurs qu’on a faites. »

Le CO a remporté ses quatre dernières confrontations face à l’opulent voisin toulousain, dont deux au Wallon, où il n'avait pas gagné auparavant depuis 39 ans. S’ils suivent le panache blond de leur collègue sud-africain, les Stadistes pourraient bien éviter un cinquième revers d’affilée.

« Je ne parle pas beaucoup, mais je crois être un leader par l’exemple », lance l’ancien international des moins de 21 ans, jamais sélectionné chez les Springboks. « Je n’ai pas de regret. J’aurais aimé évoluer pour l’équipe nationale, mais je n’étais probablement pas assez bon. J’aime jouer ici. » Et quand il ne foule pas les pelouses, Elstadt vole.

« Depuis tout petit, je suis fasciné par les avions. C’est devenu une passion. » Détenteur d’une licence de pilote, le Sud-Africain a déjà pris la voie des airs pour se rendre, entre autres, à Paris, au Portugal ou à Nice. « Après ma carrière, je veux écrire un nouveau chapitre et travailler à plein temps dans l’aviation », assure Elstadt, lié à Toulouse jusqu’en 2020. Mais il a encore quelques belles années à offrir au rugby avant de le plaquer.