FC Nantes: L'attaquant Kolbeinn Sigthorsson ne sort toujours pas du tunnel

FOOTBALL L'avant-centre, qui fait partie des «lofteurs» à Nantes, affronte la France avec sa sélection islandaise ce jeudi soir...

David Phelippeau

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Mars 2016... Un des rares matchs de Sigthorsson sous le maillot nantais à Lyon (face à Umtiti).
Mars 2016... Un des rares matchs de Sigthorsson sous le maillot nantais à Lyon (face à Umtiti). — JEFF PACHOUD / AFP
  • L’attaquant islandais de 28 ans pourrait entrer en jeu contre la France ce jeudi soir à Guingamp.
  • A Nantes depuis maintenant plus de 3 ans, il n’a jamais réussi à prouver sa valeur et a surtout été blessé de longs mois à un genou.

Il restera vraisemblablement comme l’un des plus grands fiascos de l’ère Kita. 2 juillet 2015, centre d’entraînement de la Jonelière, une des recrues phares de l’été arrive dans une grosse cylindrée noire. « Lui, c’est mon joueur ! », éructe, tout fier, le président Waldemar Kita. Kolbeinn Sigthorsson, 25 ans, transfuge de l’Ajax Amsterdam, débarque contre un chèque d’une valeur d’un peu plus de 3 millions d’euros.

« Nantes, c’est une belle opportunité pour moi », déclare l’attaquant islandais à l’époque. Un peu plus de 3 ans plus tard, le FCN ne peut pas faire le même constat. Depuis son arrivée, l’un des plus gros salaires du vestiaire (entre 150.000 et 200.000 euros mensuels) a joué à peine 30 matchs de L1 et a inscrit 3 buts. Son prêt à Galatasaray en 2016 est un camouflet. Le joueur traîne une blessure au genou, qui lui vaudra au moins deux opérations. Au sein du vestiaire, surtout lors de sa première saison, l’homme ne fait pas l’unanimité. Certains lui reprochent une attitude d'« enfant gâté ». En mai 2016, par exemple, alors que la saison de Ligue 1 n’est pas encore terminée, il quitte « avec l’accord de la direction » la Jonelière pour rejoindre l’Islande afin de se préparer au mieux pour l’Euro en France.

Au moins deux opérations au genou

Après son prêt à Galatasaray (été 2016-décembre 2016), il disparaît des radars pendant plusieurs mois. Il réapparaît en début d’année 2017 à la Jonelière avec pour objectif personnel… la Coupe du Monde avec l’Islande. Il joue 25 minutes en L1 sous les ordres de Ranieri, ce qui ne suffira pas à convaincre le sélectionneur islandais de le prendre pour le Mondial.

Cette saison, malgré sa présence au stage à Annecy en juillet, l’Islandais, sous contrat jusqu’en 2020, fait partie des « bannis ». Même l’arrivée de Vahid Halilhodzic ne devrait rien changer à son statut. La semaine dernière, pour les premiers pas du Bosnien, Sigthorsson est resté à part (avec une dizaine d’autres joueurs mis de côté comme Menig ou Kacaniklic). « Il joue le jeu et il a un bon état d’esprit », estime Samuel Fenillat, directeur du centre de formation, qui s’occupe de ce groupe de « lofteurs » avec Philippe Mao. Plein de bonne volonté, mais toujours pas épargné par son genou et pas encore au top de sa forme, affirme-t-on au club.

Il a peu de chances de jouer sous le maillot nantais

Pourtant, ce jeudi soir, Sigthorsson pourrait bien affronter les Bleus de Deschamps. Il fait en tout cas partie du groupe. « Tout le monde s’accorde à dire qu’à 100 %, c’est le meilleur attaquant du pays, explique Guillaume, spécialiste du foot islandais. Contre la Belgique [le 11 septembre, défaite 0-3 de l’Islande], il avait été ovationné quand il est entré en jeu. Le sélectionneur dit que dans le groupe, il a un rôle important de par son expérience. C’est le meilleur buteur islandais en activité avec 22 buts. Après, sans jouer en club, tu ne mérites pas d’évoluer en sélection… »

Et à Nantes, son sort ne devrait pas s’arranger. « Ma situation là-bas n’est pas claire, a expliqué le joueur en début de semaine. Je devrais en savoir plus dans le mois qui arrive, mais je pourrais aussi envisager un départ en janvier. » Partir loin de Nantes, la seule solution sans aucun doute pour lui d’avoir une opportunité de jouer (ou pas)…