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«Elle est où ta balle Tiger?», les supporters européens mal réveillés

Ryder Cup 2018: «Elle est où ta balle Tiger ?», les supporters européens ont eu du mal à se lancer

GOLFLa domination américaine a un peu cassé l’ambiance vendredi matin sur le Golf National…
Julien Laloye

Julien Laloye

On s’en était fait une montagne. Presque un peu trop, à vrai dire. La fameuse expérience du premier tee de départ sur une Ryder Cup. On s’était levés tôt, comme une tripotée d’amoureux de golf qui ont rempli la plus grande tribune de l’histoire de l’épreuve (6500 places) en moins d’une demi-heure, alors que l’aube luisait à peine. C’est peut-être à cause d’un speaker un peu lourdingue, mais la sauce a mis du temps à monter. Remarque d’un confrère cain d’Off The Golf, qui doit couvrir sa 67e Ryder Cup ou pas loin vu son âge : « On sent une tension, comme si les gens avaient attendu trop longtemps le D-Day depuis le temps qu’on en parle ».

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Merci quand même à Ian Poulter d’être venu lancer un ou deux clappings pour nous faire patienter avant l’arrivée de la première partie entre les doublettes Rahm-Rose et Finau-Koepka. Le mythe des genoux qui cognent est à deux doigts de frapper d’emblée ce pauvre Finau, qui voit son coup de départ éviter l’eau pour un petit mètre.

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La suite se déroule déjà trop loin pour nos petits yeux de lynx, et c’est une deuxième déception : ces foutus écrans disséminés tout au long du parcours pour pouvoir permettre au public de suivre les parties, adorent le différé entre deux pubs rolex. Il faut donc se fier aux clameurs pour être mis au courant du premier birdie de Justin Rose, et c’est un jeu qui devient rapidement assez amusant. Plus en tout cas que de voir Rory McIlroy relancer des clappings à l’infini vu le niveau de jeu immonde de l’Irlandais vendredi matin.

>> Jusqu’au trou n°10, l’Europe dans le coup

On part directement à mi-parcours, où un petit passage est aménagé pour les journalistes de deuxième zone comme nous (les autres ont un dossard spécial qui leur permet de gambader partout). Bonheur aussi court qu’intense : trois bandes bleues et une bande rouge sur le tableau d’affichage. « T’as vu Tristan, là ça veut dire que ça fait 3-1 pour nous ». Ledit Tristan, 10 ans au doigt mouillé, s’en fout et préfère lire un manga, mais c’est un public plus jeune que ce qu’on s’imaginait. Un public extrêmement fourni d’ailleurs, plus de 50 000 personnes relativement bien servies : la plupart des trous bénéficient d’une vue en contre-plongée grâce à des petits buttes artificielles bien foutues. On peut donc observer de près à la tête déconfite de McIlroy, leader assumé de l’équipe européenne déjà la dérive. Il ne fera jamais un meilleur coup que le rookie norvégien Olesen sur tout l’affrontement avec la paire Spieth-Thomas, largement remporté par les Yankees.

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>> Le coup de chatte de Finau sur le 16, tournant de la matinée

Après petite réflexion autour du meilleur spot pour assister à la fin des parties, on opte pour le trou n°16, Avec ce drapeau bien traître au ras de la mare aux canards. C’est le début du drame qui va se nouer sur la première partie. L’Espagnol John Rahm, KKC Denis Ménochet, vient de faire une gamelle qu’on pense sans conséquence au 15, laissant la paire américaine un petit coup derrière. Et puis survient le père Finau, qui en a fichu partout depuis l’entame.

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Le troisième frère Maka envoie une saucisse à droite toute, et le truc rebondit par miracle sur les morceaux de bois qui départagent l’eau de la partie jouable du parcours, avant d’aller mourir à moins de 30 centimètres du trou. Cédric Pioline se prend son crâne chauve à deux mains devant nous. La foule exhume un râle de déception unanime. « Il voulait la mettre partout sauf ici », nous adresse Christophe, « handicap 9 venu de Touraine ». Merci Christophe, on avait compris. Comme on a compris que cette partie vient de changer d’âme. L’Europe est à la ramasse, le public est désespéré, et les « Team USA » commencent à sortir doucement du bois.

Heureusement, Tiger Woods, visiblement cramé avec l’enchaînement victoire au Tour Championship-voyage à Paris-décalage horaire-partie d’entraînement, a réveillé l’assistance avec un coup de fer balancé au milieu du lac. Chants chambreurs à l’unisson à l’arrivée des joueurs sur le green : « Where is your ball Tiger ? » Celle de Fleetwood ne dévie pas d’un pouce et plie le game au trou d’après, dans le premier rugissement digne de nos attentes de la journée. L’Europe n’est pas encore morte.

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