Zone rouge, équipe dans le doute, supporters furieux… Comment le TFC peut-il sauver sa saison?
FOOTBALL•A deux journées de la fin du championnat, Toulouse, barragiste en Ligue 1, marche sur un fil...Nicolas Stival
L'essentiel
- La défaite à domicile contre Lille (2-3) a traumatisé le club et ses supporters.
- Le TFC, 18e de L1, doit encore se déplacer à Bordeaux et recevoir Guingamp.
Deux minutes de cauchemar peuvent suffire à plomber une saison de Ligue 1, déjà mal barrée. Dimanche dernier, alors qu’il menait 2-1 face à Lille à la 80e minute et tenait presque son maintien, le TFC a encaissé deux buts coup sur coup et plongé dans la crise à tous les niveaux.
A deux journées de la fin, l’équipe se retrouve 18e et barragiste, le coaching raté de Michaël Debève a rogné sa légitimité d’entraîneur, et les incidents entre la police et les supporters après le match ont creusé le fossé entre le club et ses fans. Bref, les Violets vivent en zone sinistrée.
Le classement : La situation est grave, mais pas désespérée
On parle communément de sprint final, pour l’Europe ou pour le maintien. Dans ce dernier cas, il faudrait plutôt évoquer une course de gastéropodes, tant les équipes du bas de tableau rivalisent de médiocrité. Metz condamné à la Ligue 2, il reste cinq formations qui luttent pour éviter les 18e et 19e places, soit celles de barragiste et de deuxième relégable direct, depuis Caen (15e) jusqu’à Troyes (19e) en passant par Lille, Strasbourg et donc le TFC, dont la différence de buts est toutefois meilleure que celle de ses compagnons de galère.
Toulouse se déplacera à Bordeaux (9e) samedi, en ballottage défavorable pour la Ligue Europa, avant d’accueillir des Guingampais en tongs et maillots de bain (11e) une semaine plus tard. « Il faut devenir de gros compétiteurs sur ces rencontres, assénait Debève après le KO face au LOSC. Il faudra prendre au moins quatre points. »
Vu l’état actuel des Toulousains, un tel total tiendrait du miracle. Mais peut-être en faudra-t-il moins pour se sauver, quand on voit le calendrier d’une équipe comme Strasbourg, qui ne compte qu’une longueur d’avance (réception de Lyon, déplacement à Nantes).
L’équipe : La révolution attendra
Le TFC a fait naufrage contre Lille ? Oui, mais ce sont pourtant à peu près les mêmes passagers qui monteront sur le rafiot qui descendra la Garonne direction le Matmut Atlantique, samedi. Probablement forfait jusqu’à la fin de la saison, le métronome corse Yannick Cahuzac (déchirure adducteurs) manquera donc à l’appel comme contre Lille, de même que l’arrière gauche François Moubandje, automatiquement puni après son expulsion face au Losc.
En revanche, le précieux avant-centre Yaya Sanogo (suspension purgée) fera son retour pour le derby, ce qui déclenchera le nouvel exil d’Andy Delort côté droit. Pour le reste, du classique version Debève, si l’on en croit l’entraînement de mercredi matin (devant à peine une vingtaine de supporters), que l’arrière droit Kelvin Amian a toutefois quitté prématurément. Issiaga Sylla devrait remplacer Moubandje et l’énigme Giannelli Imbula, déjà écarté face à Lille, poursuivra sauf surprise sa mise au repos forcée.
Supporters : Une rupture consommée
Les fans du TFC, Indians Tolosa 93 en tête, souhaitaient rencontrer le président Olivier Sadran et/ou son bras droit Jean-François Soucasse sur le parvis du Stadium après l’effondrement de samedi. Finalement, ils ont surtout eu affaire à la police, dont les charges musclées ont scandalisé de nombreux supporters. Le communiqué publié lundi par le club n’a pas vraiment calmé les esprits.
Même un hypothétique maintien ne suffira sûrement pas à lui seul à réduire une fracture aujourd’hui béante. Le club va-t-il tenter de se rapprocher de ses fans, et comment ? Contacté ce mercredi, le service de communication du TFC n’avait « pas d’informations à donner » et invitait simplement « à suivre le site officiel ».



















