Voile: La Bretagne, ça vous gagne... Et ça vaut même pour le skipper marseillais Christopher Pratt, qui s'entraîne «là-haut»

INTERVIEW Le Marseillais Christopher Pratt s’entraîne à Port-la-Forêt, tout au bout de la pointe bretonne dans le Finistère…

Propos recueillis par Jean Saint-Marc

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Christopher Pratt lors du départ de la Transat Jacques-Vabre.
Christopher Pratt lors du départ de la Transat Jacques-Vabre. — D. Meyer / AFP
  • Le skipper marseillais Christopher Pratt, remis de son naufrage sur la transat Jacques-Vabre, se prépare pour la Transat AG2R, qui partira fin avril de Concarneau.
  • Il s’entraîne à quelques kilomètres de là, dans le Finistère à Port-la-Forêt, et il nous explique ce choix.

Les calanques ? Son terrain de jeu. La mer Méditerranée ? Son jardin. Mais c’est bien à Port-la-Forêt, tout au bout de la pointe bretonne, que le Marseillais Christopher Pratt prépare la Transat AG2R. Sa troisième AG2R, sa douzième transatlantique. Christopher Pratt prendra le départ le 22 avril, avec Pierre Leboucher. Un Breton, tiens donc.

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Pourquoi s’entraîner en Bretagne ?

Il y a aussi un centre à la Grande-Motte, en mer Méditerranée, où j’ai l’habitude d’aller aussi et où, maintenant, je fais du coaching. Mais Port-la-Forêt, c’est le centre de référence. C’est le pôle historique, le plus connu, celui qui a les meilleurs résultats. On s’entraîne avec une dizaine d’équipages, la moitié des participants à l’AG2R… J’aime beaucoup le Sud, j’aime beaucoup la Grande-Motte, mais le fait est qu’on n’est pas confrontés aux meilleurs… Et pour progresser, l’idéal, c’est d’être avec les plus forts. Et comme Pierre y est installé, c’est logique de s’entraîner là-haut !

N’est-ce pas difficile de s’entraîner avec ses futurs adversaires ?

C’est sûr que plus la course approche, moins on est bavards ! Mais je ne suis pas du genre à garder les secrets : plus tu partages, plus t’apprends aussi ! Comme on se rapproche de la compétition, ce sont plus des stages d’opposition, où on se jauge les uns par rapport aux autres. Et on fait des entraînements plus techniques, des tests de réglages ou de voile, quand on est que tous les deux.

De toute façon, par définition, on ne peut pas préparer une transatlantique uniquement sur la Méditerranée, non ?

Dans l’absolu, ce serait possible. Mais ne pas s’entraîner sur le terrain sur lequel tu évolueras en compétition, ça complique les choses… La climatologie est très différente, avec dans l’Atlantique des dépressions très bien modélisées par les météorologues, alors qu’en Méditerranée, le temps est plus lié aux effets locaux, au relief. Et les courants de marée en Atlantique ont une part prépondérante dans la stratégie. Là, à l’entraînement, on est dans le vif du sujet !

Humainement, c’est difficile d’être loin de chez soi ?

Depuis que je fais de la course au large, entre les entraînements et les compétitions, je passe grosso modo un jour sur deux à Marseille. L’avantage, c’est que quand je suis à l’entraînement, mes journées sont entièrement dédiées au sport. Mais quand tu vois les copains bretons à Port-la-F’ qui posent leurs enfants à l’école avant les entraînements… Tu te dis qu’ils ont la belle vie !