OM: Juste avant le match à Lyon, ce coup de pression sur l'arbitrage peut-il être «efficace»?

FOOTBALL Alors, penalty pour Lyon ou penalty pour Marseille, dimanche (21 heures) ?…

Jean Saint-Marc

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Mariés au premier regard. (Précision : c'est un autre Benoît, Bastien, qui officiera dimanche).
Mariés au premier regard. (Précision : c'est un autre Benoît, Bastien, qui officiera dimanche). — B. Horvat / AFP (un peu. Et Paint, beaucoup)
  • Les dirigeants marseillais ont protesté contre l’arbitrage lors de Rennes-OM, en Coupe de la Ligue.
  • A trois jours d’un déplacement à Lyon, on a du mal à y voir un hasard du calendrier.
  • Efficace ou pas, ce genre de coups de pression ? On a demandé à des experts du sujet.

Jacques-Henri Eyraud demande « la bande-son du dialogue entre les arbitres ». Et nous, on entend la petite musique de la bonne vieille polémique sur l’arbitrage. But fantôme validé puis refusé à Rennes, but de Mitroglou bel et bien refusé, lui… Les Marseillais étaient furax contre l'arbitrage de ce 8e de Coupe de la Ligue. Et ils l’ont fait savoir devant les micros. A trois jours d’un déplacement crucial à Lyon, grand spécialiste de la complainte arbitrale, ce petit coup de pression peut-il aider les Marseillais ?

Réponse en thèse/antithèse, avec des experts de la question.

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Ça ne peut pas faire de mal : la théorie de Jérôme Fernandez

Premier expert (dans tous les sens du terme) : Jérôme Fernandez. Si vous ne comprenez pas ce qu’il vient faire dans ce papier… Souvenez-vous de ce match entre l'Allemagne et la France, au Mondial-2007 de handball. Mourad Boudjellal (qu’on a aussi tenté de contacter) aurait sans doute parlé de « sodomie arbitrale ». Claude Onesta, le sélectionneur, avait alors dégoupillé contre la « mafia » allemande : « Tout le monde sait qu’ils tirent les ficelles à la Fédération internationale. »

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Après cette décla ? Les Bleus ont fait le grand chelem JO (2008), Mondiaux (2009), championnats d’Europe (2010) et de nouveau du monde (2011). C’est donc que ça a marché, non ? « Non, on ne doit pas nos titres aux arbitres. Mais c’est vrai qu’on a beaucoup construit sur cet échec », assure Jérôme Fernandez. On le relance : ça n’aurait pas aidé un tout petit peu avec les gars en noir ? Il se marre, d’abord, puis le reconnaît. En deux temps, cependant :

  • « Au début, ce n’était pas facile… Il y avait aussi eu un accrochage entre notre préparateur physique et une autre paire d’arbitre. Donc en Norvège, aux championnats d’Europe, on n’a pas été très bien lotis par la Fédé : on a fait huit heures de bus, dans la neige, avant la demi-finale ! »
  • « Ça s’est vite calmé parce qu’il y a eu disons un avis général par rapport à cette compétition, que c’était assez politique pour relancer le hand en Allemagne. D’ailleurs, les deux arbitres d’Allemagne-France, on ne les a pas vus pendant deux-trois compétitions après, ils n’étaient plus sélectionnés. Ça avait fait son chemin ! »

Tiens donc… Pas si mal, donc, ce coup de pression. Applicable à l’OM ?

Franchement, Eyraud fait ni plus ni moins que ce que font les autres présidents… Si ça peut faire siffler non pas forcément pour Marseille dimanche, mais au moins ne pas faire siffler pour Lyon, ce serait déjà ça ! »

Antithèse : les arbitres sont hermétiques à la pression (mais pas au « dialogue »)

C’est la fameuse théorie du « penalty pour Lyon » : ces deux dernières saisons cumulées, les arbitres ont accordé 17 coups de pied de réparation à l’OL, contre 5 à l’OM. Pure coïncidence selon le patron de l’arbitrage à la FFF : « C’est facile de se défausser sur l’arbitrage : à tour de rôle, chaque club nous ressort l’idée du complot, sourit Eric Borghini. Ces déclarations, c’est un petit jeu, mais c’est plutôt à destination du public, des supporters, des investisseurs que des arbitres eux-mêmes ! »

Car oui, les hommes en noir « sont parfaitement hermétiques à la pression », nous raconte un arbitre fraîchement retraité. « Un arbitre doit se forger une carapace. Et apprendre à dire, quand un dirigeant traîne dans le vestiaire : "c’est bon, on s’est compris, merci, au revoir !" ». Les arbitres sont même spécifiquement formés à ces problématiques.

Et bien formés, estime l’ancien arbitre Joël Quiniou, Monsieur arbitrage sur RMC : « Les arbitres ont l’habitude, ils savent être imperméables aux pressions. Sinon, ils n’auraient rien à faire à ce niveau-là. » Des arbitres imperméables, mais des instances à l’écoute, assure Borghini : « On a des réunions régulièrement, on en discute. On amène les vidéos polémiques, c’est un travail qui se fait avec les clubs, à l’abri de la lumière médiatique. »

Un Conseil d’administration de la LFP, est-ce suffisamment abrité ? Jacques-Henri Eyraud a intégré l’instance ce jeudi, et y a forcément croisé le DTN de l’arbitrage, Pascal Garibian, venu parler professionnalisation de l’arbitrage.

On ne connaîtra pas le détail de leurs discussions, « mais oui, un dirigeant peut se plaindre », confirme Quiniou. Qui le rappelle : « La direction technique contrôle les arbitres et établit un classement en fin de saison. Ce dialogue existe, Eyraud doit rentrer dedans. » Très bien Joël, mais où s’arrête le dialogue, où commence le lobbying ? On va laisser la goal line technology trancher, OK ?