Laurent Koscielny et Blaise Matuidi à Clairefontaine (avec des petits accessoires ajoutés au montage, trois fois rien).
Laurent Koscielny et Blaise Matuidi à Clairefontaine (avec des petits accessoires ajoutés au montage, trois fois rien). — J.E.E/SIPA

FOOTBALL

Equipe de France: Les anciens commencent à capituler, mais ils feront tout pour voir la Russie

A l'image de Laurent Koscielny, qui a programmé sa retraite internationale après la Coupe du monde, les Bleus les plus expérimentés ont conscience que les jeunes poussent très fort derrière...

  • L'équipe de France affronte le pays de Galles vendredi puis l'Allemagne mardi en amical, ses deux premiers matchs de préparation à la Coupe du monde 2018.
  • Le groupe France a été fortement rajeuni depuis l'Euro, avec l'éclosion d'une nouvelle génération très prometteuse.
  • Les plus anciens savent leur place menacée, mais ils n'ont pas dit leur dernier mot pour le Mondial. Pour la suite...

« Putain, six mois… » Ils ne le disent pas comme ça, mais à l’image de Jacques Chirac qui n’en pouvait plus d’attendre l’élection présidentielle de 1995 dans les Guignols, ils sont quelques-uns en équipe de France à trouver que le temps va être long jusqu’à la Coupe du monde.

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Laurent Koscileny (32 ans), Dimitri Payet (30 ans, absent sur ce rassemblement), Olivier Giroud (31 ans), et dans une moindre mesure Blaise Matuidi (30 ans), ne sont pourtant pas des vieillards. Au sortir de l’Euro, on les pensait même à peu près tranquilles jusqu’en Russie. Sauf que les jeunots sont montés vite et très haut, et qu’il va falloir batailler sévère pour faire partie de l’expédition l’été prochain.

Ces trentenaires en sont bien conscients, et pour éviter qu’on ne les abandonne en cours de route, ils se sont mis à défendre leur place ces dernières semaines, que ce soit à Clairefontaine ou après les matchs. Le message : « Laissez-nous encore un peu, promis, on saura partir à temps ». Mardi, après avoir commencé par louer les qualités de Kimpembe et Umtiti et dire sourire en coin qu’ils auront « bientôt la place », Laurent Koscielny a fini par lâcher qu’il comptait prendre sa retraite internationale en juillet prochain :

Le Mondial sera mon dernier défi. J’ai fait ce que j’avais à faire en équipe de France. Il me reste six mois pour profiter au maximum, emmagasiner le plus de souvenirs possible, ensuite il sera temps de laisser la place à ceux qui sont derrière.

Le mois dernier, Dimitri Payet, n’était pas allé jusque-là, mais c’était tout comme. « J’ai dit que mon objectif personnel, c’était de faire partie de cette équipe, de se qualifier et d’aller à cette Coupe du monde. Après ce sera plus compliqué, vu l’émergence des jeunes talents », avait estimé le Marseillais.

Déso les gars.
Déso les gars. - SIPA / Old My Face

Ça a le mérite d’être touchant d'honnêteté, et c’est plutôt bien joué stratégiquement pour s’acheter un billet pour la Russie. Ce n’est pas non plus une garantie. Didier Deschamps leur fait confiance et compte sur eux. Si le physique suit (Kos, Payet) et que le temps de jeu en club n’est pas complètement cataclysmique ( Giroud), ils en seront. Pour la place de titulaire, en revanche, c’est une autre histoire.

« A chaque fois que je l’ai vu joué avec le PSG, Kimpembe a été très bon, voire impressionnant, juge Koscielny. Il acquiert de l’expérience à Paris, aux côtés de très grands joueurs. Quand on se voit en équipe de France, on en parle tous les deux. C’est un bon mec, il est à l’écoute, son heure peut venir. » Sachant que Varane est titulaire à chaque fois qu’il est apte et qu’Umtiti a encore pris de l’épaisseur au Barça, ça fait une sacrée concurrence.

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C’est vrai aussi pour les autres, même si on ne peut qu’être admiratif de la science du fermage de bouche de Matuidi et Giroud. En gros, plus leur statut est contesté et le match est important, plus ils marquent. Le but qui nous permet de sortir avec trois points du bourbier bulgare ? Blaisou. Celui du break contre la Biélorussie pour entériner la qualif ? Olive la mèche. Les papas sont là, et en toute humilité par-dessus le marché. « Je suis content d’aider l’équipe à finir le boulot de mes partenaires, disait Giroud dans les couloirs du Stade de France. J’ai toujours eu foi en mes qualités, même si parfois il y a encore des sceptiques. Je donne toujours le maximum. »

Les matchs amicaux face au pays de Galles (vendredi) et à l’Allemagne (mardi) sont une chance de mettre une nouvelle pièce dans la machine. Le sélectionneur a beau dire que l’objectif est surtout de voir un maximum de joueurs, il n’y a pas de petites occasions de montrer qu’on est encore dans le coup. Y compris au château de Clairefontaine, d’ailleurs.

« La nouvelle génération commence à s’imposer, mais on est cinq-six anciens à résister, se marre Koscielny. On n’a pas forcément les mêmes goûts musicaux, c’est vrai, mais on essaye de s’adapter. On n’est pas non plus des vieux cons ! Entre les deux "clans", ça se passe bien. » Bienveillants, mais surtout toujours bien là pour l’instant, les anciens.