Dopage: Un baume à lèvres prive la Norvégienne Therese Johaug des JO 2018

SKI DE FOND Le TAS a estimé que la fondeuse avait fait preuve de négligence...

N.C. avec AFP

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Therese Johaug arrive en conférence de presse le 13 octobre 2016.
Therese Johaug arrive en conférence de presse le 13 octobre 2016. — Hakon Mosvold/AP/SIPA

Un simple baume à lèvres va priver la Norvège d’une de ses pièces maîtresses aux Jeux olympiques d’hiver de 2018, la fondeuse Therese Johaug, septuple championne du monde de ski de fond. Cette dernière a vu sa sanction alourdie pour violation des règles antidopage.

Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a infligé mardi une suspension de 18 mois à Johaug, contrôlée positive à un stéroïde l’an dernier. C’est cinq mois de plus que la sanction prononcée en février par l’instance arbitrale du sport norvégien mais dont la Fédération internationale de ski (FIS) avait fait appel, la jugeant trop clémente.

« Je ne peux pas comprendre la sanction dont j’écope »

« Je suis complètement anéantie. Je rêvais de participer aux JO », a réagi l’athlète de 29 ans, en larmes lors d’une conférence de presse dans les Alpes italiennes, où elle s’entraînait. « Je ne peux pas comprendre la sanction dont j’écope. Je la trouve injuste ».

La Norvégienne a été testée positive au clostébol, un stéroïde anabolisant interdit par l’Agence mondiale antidopage (AMA), lors d’un contrôle inopiné le 16 septembre. Elle dit avoir absorbé cette substance via une crème pour les lèvres, le Trofodermin, fournie par le médecin de l’équipe nationale pour traiter des brûlures subies lors d’un entraînement en altitude en Italie fin août.

Un problème de négligence

Depuis le début de l’affaire, les juges ont accordé foi à ses explications et exclu une tentative de tricherie, les quantités retrouvées n’étant d’ailleurs pas considérées de nature à doper les performances. Mais c’est sa négligence qui lui est reprochée.

Mardi, le TAS a expliqué que Johaug avait manqué à ses obligations en ne vérifiant pas l’emballage du baume, estampillé d’un symbole avertissant clairement du risque de dopage. « De telles omissions ont débouché sur une violation des règles antidopage qui ne cadre pas avec son passé par ailleurs propre en matière de dopage », a souligné le tribunal dans un communiqué de presse.

La suspension courra jusqu’au 18 avril 2018, au-delà donc des JO de Pyeongchang en Corée du Sud (9-25 février), où Johaug espérait décrocher enfin de l’or en individuel après le titre olympique remporté en relais 4 x 5 km en 2010. La décision du TAS met a priori un point final au dossier. Seul un appel, jugé improbable, devant la Cour suprême suisse pour vice de procédure pouvant infléchir le cours des choses.