VIDEO. Jeux olympiques: Comm', terrains, compensations... Que se passerait-il si Paris héritait des JO 2028?

OLYMPISME Paris aura les Jeux olympiques, mais pas forcément ceux de 2024...

William Pereira

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Et si...
Et si... — Jean-Christophe Bott/AP/SIPA

Après une journée de présentations, de Paris en langage des signes, de selfies de Tony Estanguet et d’attente interminable, la session extraordinaire convoquée par le CIO (comité international olympique) à Lausanne a accouché du verdict attendu : la double-attribution des JO 2024 et 2028 a été validée et Los Angeles et Paris sont donc assurées d’accueillir l’une des deux éditions des olympiades. Une « victoire à trois gagnants », d’après Anne Hidalgo. Pour savoir qui organisera quoi, il faudra maintenant attendre le 13 septembre et la session de Lima, ou l'officialisation d'un accord dans le courant du mois d'août.

Pas besoin d’attendre en revanche pour savoir que la capitale française ne veut pas de 2028. Anne Hidalgo le répétait lundi sur les ondes de France Inter (« pour nous c’est 2024, on est engagés dans 2024. […] C’est pour ça que nous nous sommes engagés et c’est le mandat que nous avons »), et la manière dont elle a esquivé la question sur 2028 après l’annonce de la double-attribution, mardi (« j’entre avec beaucoup de confiance dans ce processus historique qui va nous emmener à negocier un accord tripartite. Et j’entre avec beaucoup de confiance dedans ») en dit long sur la position du comité de la candidature parisienne sur le sujet.

Emmanuel Macron avait aussi pris soin d’en remettre une couche pendant la session de Lausanne : « Nous avons perdu trois fois dans la course pour les Jeux, nous ne voulons pas perdre une 4e fois ». La vérité est là. Symboliquement, si Paris échoue à obtenir les jeux de 2024 et quand bien même elle pourrait se consoler quatre ans plus tard, cela constituerait un nouvel échec pour la ville lumière. Oui, elle accueillera les JO mais dans la position de roue de secours pour un CIO en manque de candidatures crédibles pour 2028 plutôt que dans celle du vainqueur absolu.

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Mais si cela arrivait ? Si Los Angeles raflait vraiment la mise pour 2024 ? Que se passerait-il ? Que ferait ou pourrait faire Paris ? Est-ce que ce serait mieux ou moins bien d’organiser les JO 2028 ? Bref, qu’est-ce que ça changerait ?

  • Le comité d’organisation de Paris 2024 devrait revoir sa comm’

Ça ne serait pas le principal souci du comité d’organisation parisien, mais se retrouver avec le bébé 2028 dans les bras reviendrait à faire l’impasse sur tout ce qui a été dit avant et mentionné plus haut. Il faudrait alors revoir toute la communication (ça paraît tout con, mais le logo deviendrait obsolète) en expliquant à tout le monde pourquoi finalement, ce serait génial d’organiser les JO 2028 alors qu’on les avait jusqu’ici repoussés et que non, ne pas avoir 2024 n’est pas une vraie défaite.

  • Le gros problème : les terrains du village olympiques, du centre nautique et du village des journalistes n’attendront pas plus loin que 2024 pour être exploités

Si Paris venait à hériter des jeux 2028, ce ne serait pas loin d’être une catastrophe pour le projet parisien en termes d'infrastructures. Thierry Rey, conseiller spécial de la candidature de Paris pour les JO 2024, sur BFM TV mardi matin :

« Tout serait remis en cause : les terrains qui sont préemptés aujourd’hui pour un grand projet territorial et le sens qu’on a voulu donner à cette candidature. »

Passe encore pour la symbolique de la candidature, mais la question des terrains inquiète. Notamment ceux du 93: le village olympique et un centre nautique pour Saint-Denis et Saint-Ouen, ainsi que le centre des médias et le village des journalistes au Bourget et à Dugny. « On ne pourra pas geler indéfiniment des terrains disponibles… », explique ainsi le président PS du conseil départemental Stéphane Troussel au quotidien Le Parisien. Confirmation de Tony Estanguet, dans des propos recueillis par 20 Minutes :

« Ce que l’on sait, c’est que pour le Village olympique nous ne disposerons pas du terrain pour 2028. Nous avons rencontré les propriétaires des terrains et ils ont été clairs : ils gardent le terrain jusqu’en septembre dans l’optique de 2024, mais il est impossible d’obtenir le terrain pour 2028. Nous perdrons donc cette partie, qui est un point clé de notre concept. »

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  • Le lot de consolation : une compensation financière

Comme l’a laissé entendre Thomas Bach, il pourrait être question de compensations financières pour la ville qui accueillera les Jeux en 2028. Aujourd’hui, une ville hôte reçoit entre 1,3 et 1,5 milliard de dollars de la part du CIO afin de financer environ la moitié du budget du comité d’organisation. Recevoir 300 ou 500 millions de plus peut aider à trouver les moyens de repousser le projet de quatre ans.

Dans une tribune pour le JDD, Armand de Rendinger évoque aussi une possible « nouvelle répartition des bénéfices et des pertes, et aussi un droit de regard sur le choix des disciplines sportives », tout ça pourrait donc se transformer en « victoire économique quand on fera les comptes à la fin […] ce n’est pas forcément la ville qui sera la plus heureuse à Lima qui restera la plus heureuse en 2028 ». Pas sûr que le comité d’organisation de Paris 2024 se contente d’un tel pari sur l’avenir.