PSG-OM: Zéro tir pour Marseille? On vous raconte l'histoire de LA stat de ce Classico

FOOTBALL L’absence de tir du côté marseillais est une première depuis au moins dix ans dans le championnat de Ligue 1…

Romain Baheux

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Non, ceci n'est pas une frappe.
Non, ceci n'est pas une frappe. — Francois Mori/AP/SIPA

Zéro. Rien. Walou. Nada. Ce triste PSG-OM, conclu par un fade 0-0, se résume dans les discussions à la machine à café à une statistique :  l’absence absolue de tir côté marseillais, où Rudi Garcia avait pondu un hermétique 5-3-2 pour sa première sur le banc olympien, une première depuis au moins dix ans dans notre Ligue 1. Wow. Ça méritait qu’on se penche sur l’affaire.

D’où sort cette stat et pourquoi a-t-elle autant tourné ?

Si vous avez suivi le classico en parallèle sur Twitter, vous avez rapidement vu le nom de David Wall circuler à la fin du match. Rédacteur en chef chez le statisticien Opta, c’est lui qui a publié le chiffre qui a servi « d’argument » aux supporters parisiens pour souligner le déni de jeu total de leur adversaire.

« C’est quelque chose que l’on prépare rapidement quand on voit le scénario du match, car on sait que ça peut tourner lors d’un événement de cette importance, explique-t-il. Là, ça a marché car c’est une statistique claire, qui parle à tout le monde. Si on avait dit que l’OM n’avait pas intercepté une balle, ça aurait touché moins de gens. »

Du travail de pro.
Du travail de pro. - Capture d'écran

Comment est-elle calculée ?

D’accord, tout le monde voit à peu près ce qu’est un tir au football. Mais pour les statisticiens d’Opta, la chose se caractérise de trois manières, définies par David Wall :

  • Le tir cadré : « toute tentative qui finit dans le but ou sur le gardien »
  • Le tir non cadré : « toute tentative qui part à côté ou est renvoyée par un poteau »
  • Le tir bloqué : « par exemple, une frappe de 30 m contrée à l’entrée de la surface »

« Avec tout ça, on arrive à catégoriser plus de 95 % des cas de figure, poursuit Wall. Et hier [dimanche], Marseille n’a pas connu une seule de cette situation. »

Mais elle est incontestable ?

« Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les gros mensonges et les statistiques. » Pas dit que tous les téléspectateurs du classico connaissent Mark Twain et sa célèbre sentence, mais on rapidement senti un certain scepticisme devant l’ahurissant chiffre.

« On met nos meilleurs analystes sur un match comme PSG-OM, répond David Wall. Et on regarde de nouveau les éléments clés de la rencontre pour affiner les statistiques. Là, il ne devrait pas y avoir d’ambiguïté. Il y aura peut-être une ou deux passes à rajouter mais à 99 %, on peut affirmer que ce zéro tir restera valable. »

Et dans le fond, ça veut dire quoi ?

C’est bien beau de répéter en boucle ce chiffre, mais encore faut-il savoir comment l’interpréter. Premier point, ça n’est pas une injure contre le football. Dans les couloirs du Parc des Princes, on n’a trouvé aucune voix pour condamner le pari des Marseillais qui n’avaient que deux entraînements avec Garcia dans les jambes.

« C’était difficile pour eux d’aborder ce match avec le changement de coach, souligne Thiago Silva. Ils l’ont bien préparé et repartent sans prendre de but. » A vrai dire, c’est sans doute plus infamant pour le PSG. Sur les dix dernières années, six équipes de l’un des cinq grands championnats se sont retrouvées à gérer ce cas de figure et Paris est la seule à ne pas s'être imposée. En novembre 2015, le FC Séville avait dominé Valence, incapable de tenter une fois sa chance. Et sur le banc andalou, il y avait un certain Unai Emery. Qui a dit que les stats n’étaient jamais taquines ?