Jeux paralympiques: Comment un téléfilm a lancé la carrière dingue de Marie-Amélie Le Fur
RIO 2016•La Française, déjà double championne olympique, a pu se payer sa première prothèse grâce à un rôle de doublure dans un téléfilm…Julien Laloye
C’est une petite ligne dégotée dans la biographie qu’Amélie Le Fur . La star de la délégation tricolore aux Jeux paralympiques de Rio ( , avant le 100 et le 200m) y raconte son parcours, le grave accident de scooter qui lui a coûté l’amputation de sa jambe gauche en dessous du genou à l’âge de 15 ans, puis la rencontre qui a tout changé. Ou plutôt le téléfilm qui lui a permis de commencer une carrière glorieuse chez les handicapés.
On est fin 2004, et la réalisatrice Virginie Sauveur cherche une jeune fille amputée pour jouer le rôle de doublure dans un film prévu pour une première partie de soirée sur France 2,. Le pitch ? lors d’un été passé à la maison, malgré l’opposition de sa mère, interprétée par Julie Depardieu. La réalisatrice raconte : « On avait besoin d’une adolescente de la taille de l’héroïne, c’était surtout ça le critère puisqu’on avait seulement besoin de filmer ses jambes. Il fallait qu’elle sache courir aussi, et l’histoire de Marie-Amélie résonnait avec celle du film. Je me souviens qu’elle avait eu son accident peu de temps avant et qu’elle voulait continuer à faire de l’athlétisme ».
« Sa rapidité nous avait bluffés. Elle avait bien mérité de la garder »
Moonwalk. Avant son accident, Marie-Amélie Le Fur se débrouille pas mal en endurance (deux titres de championne de France chez les pompiers). Dès sa sortie du bloc, elle fait des pieds et des mains pour reprendre – au moins- le cours de sa vie sportive. Jouable, mais à condition de se payer une prothèse de haut niveau, .
C’est le cadeau de Virginie Sauveur à sa jeune doublure après le tournage. « C’était une lame faite sur mesure, qui nous avait coûté entre 5.000 et 7.000 euros. Je pense que ce n’était pas la première fois qu’elle en essayait une. Je me souviens d’une scène où mon cadreur devait la filmer au départ, il n’avait pas bougé d’un pouce qu’elle était déjà trop loin ! Sa rapidité nous avait bluffés. Elle avait bien mérité de la garder ».
Un cadeau du ciel, confirme Marie-José Besson, l’orthoprothésiste de Marie-Amélie Le Fur. « Je me souviens de l’époque du tournage du téléfilm Je crois que c’était huit mois après son amputation. Au-delà du côté ludique, je me souviens que car c’est sur ce tournage qu’elle avait reçu sa première prothèse de sport, et comme elle souhaitait reprendre la course au plus vite, elle en était forcément très heureuse ».
», comme elle la présente, que Marie-Amélie développera une expertise pointue sur ses besoins en prothèse, « presque une relation de pilote à mécanicien », plaisante Marie-José.
Virginie Sauveur, sa « première maman », elle, suit son parcours de loin par l’intermédiaire d’un membre de son équipe de tournage qui a gardé contact avec Marie-Amélie Le Fur. « Je l’ai félicitée quand elle a eu ses premiers résultats sportifs. Je suis très fière d’elle. A l’époque, on cherchait quelqu’un qui acceptait son amputation, et Marie-Amélie avait ce regard lumineux et plein d’espérance grâce à la course ». Une lueur qui va peut-être la mener jusqu’au quadruplé olympique à Rio.


















