Jeux Paralympiques: Pourquoi vous n’avez pas le droit de passer à côté

RIO 2016 La cérémonie d’ouverture, ce soir à 23h, marque le début des 15es Jeux réservés aux handicapés…

J.L.

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Marie-Amelie le Fur lors des Jeux de Londres, en 2012.
Marie-Amelie le Fur lors des Jeux de Londres, en 2012. — Emilio Morenatti/AP/SIPA

Les nuits sans sommeil de cet été brésilien sont encore toutes fraîches dans nos têtes, et voilà qu’il faut remettre ça pour les Jeux paralympiques. Vous avez un travail et pas que ça à faire ? C’est bien dommage, parce que nous, on sait déjà qu’on va mettre France TV en boucle jusqu’au 18 septembre, date de la cérémonie de clôture, et vibrer au moins aussi fort que devant le canasson à la mi-août. 20 Minutes vous explique pourquoi il faut se passionner pour les athlètes handicapés à Rio.

  • Parce que les Jeux ont lieu, déjà, et franchement, c’était pas gagné

On exagère ? A peine. Pour la faire courte, le comité d’organisation des Jeux pour les valides, dépassé par les dépenses imprévues, a tapé dans la caisse des paralympiques pour arriver au bout de la quinzaine sans drame au mois d’août, quand des informations affolantes sur le (très) faible nombre de billets vendus venaient renforcer l’idée d’un four monumental en perspective.

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Depuis, l’affaire s’est un peu améliorée. Dans l’urgence, et après avoir d’abord été empêchée par une justice soucieuse de la bonne gestion des deniers publics, la ville de Rio a offert de débourser 150 millions de reais (42,4 millions d’euros) et le gouvernement brésilien 100 millions de reais (27,4 millions d’euros) supplémentaires via des parrainages d’entreprises publiques. Quant aux billets, plus de la moitié avait trouvé preneur vendredi dernier (1,4 million sur 2,5) grâce à une politique de prix cassés sur le tard (3 euros l’unité). Il y aura des places vides, mais ça ne nous changera pas trop des JO.

  • Parce qu’il y aura des belles histoires

Les Jeux paralympiques, encore plus que les JO, incarnent le dépassement de soi comme jamais. Deux histoires qui ont retenu notre attention, entre toutes celles qu’on découvrira dans les prochains jours

Le Bélarusse Alexander Triput, doré chez les malvoyants en 2004, a vu la poisse s’abattre sur lui une deuxième fois après avoir voulu réparer une antenne de télé. Chute de quatre étages, colonne vertébrale brisée, et fauteuil roulant à vie. Qu’à cela ne tienne Il est de retour pour lancer de javelot au sein de l’équipe d’athlètes en chaise roulante.

Alexander Triput lance désormais le javelot en fauteuil roulant.
Alexander Triput lance désormais le javelot en fauteuil roulant. - AFP

 

La Belge Marieke Vervoort, double médaillée à Londres en sprint fauteuil, participera à sa dernière compétition à Rio. Victime d’une grave maladie dégénérative incurable, elle envisage clairement de mettre fin à ses souffrances : « J’arrêterai ma carrière après Rio, a-t-elle confié à France 2. Après, nous verrons bien ce que la vie m’apportera et j’essayerai de profiter des meilleurs moments. Je commence à penser à l’euthanasie. Malgré ma maladie, j’ai pu vivre des choses dont les autres ne peuvent que rêver. »

  • Parce que les Russes ne seront VRAIMENT pas là

Sur le dossier du dopage généralisé des athlètes russes à Londres et à Sotchi dévoilé en juillet par le rapport McLaren, le comité paralympique a eu dix fois plus de « balls » que le CIO. Aucun athlète n’a été autorisé à participer aux épreuves,y compris sous drapeau neutre, comme certains l’avaient demandé à Moscou.

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Poutine s’est énervé, évidemment, dénonçant une « décision en dehors de toute justice, morale et humanité », mais le TASa rejeté l’appel des sportifs paralympiques russes dans la foulée. C’est toujours des cadavres cachés dans le placard en moins pour plus tard.

  • Parce qu’il y aura aussi des scandales comme on les aime

Le dopage n’est pas l’apanage des valides. Parmi les handicapés, il existe, paraît-il une méthode en vogue pour gagner des médailles. Cela s’appelle le « boosting », et cela fait froid dans le dos. En gros, cette pratique concerne les sportifs atteints d’une lésion de la moelle épinière et consiste à s’automutiler pour augmenter la pression sanguine. Chocs électriques, saignées, cuissardes trop serrées sur les membres inférieurs, torsion ou écrasement des testicules, fracture du gros orteil, les volontaires sont très imaginatifs. Et ils n’ont pas peur de se faire mal.

La multiplication des catégories pour prendre en compte toutes les sortes de handicap reconnues – il y aura 15 finales du 100m différentes, invite aussi à la triche administrative, du genre je fais semblant d’être aveugle, mais en fait pas vraiment. Cela dit, on ne fera jamais mieux que l’équipe espagnole de basket de 2000 sur le sujet, catégorie déficients mentaux. Elle avait mis des roustes à tout le monde jusqu’à ce qu’on découvre que 10 joueurs sur 12 ne souffraient d’aucun handicap et que personne n’avait eu l’idée de les tester. Depuis, il faut avoir moins de 75 de QI pour rentrer dans les clous.

  • Parce que les médailles françaises vont tomber de partout

Seulement 16e du classement final à cause de son petit nombre de médailles d’or (8), la délégation tricolore avait tout de même ramené 45 breloques de Londres. Autant dire que ça va tomber de partout. La rédac’vous conseille de miser sur ces deux-là en priorité.

  • Michaël Jérémiaz (tennis en fauteuil). Quare fois médaillé aux Jeux, le porte-drapeau des Bleus est un type drôlement rigolo en plus.
  • Marie-Amélie Le Fur (athlétisme). Elle vise l’or dans quatre épreuves ‘100m, 200m, 400m, longueur). Mieux qu’Usain Bolt.

 

  • Parce qu’il y a des sports de dingue que vous n’avez jamais vu

Vous connaissez le goalball ? Vous devriez.C’est le truc le plus fou de la compète. Une sorte de mélange entre le ballon prisonnier, le foot et le hand. Un sport réservé aux non-voyants et malvoyants, qui consiste à marquer des buts avec un ballon contenant des grelots en le lançant à la main. Regardez, c’est génial.

On aime aussi la Boccia, un équivalent de la pétanque avec des boules en mousse et une liberté totale pour le lanceur, qui peut utiliser toutes les parties de son corps pour lancer ses boules.

  • Parce que les Jeux paralympiques ont aussi leur Michael Phelps

Le nageur américain, entré un peu plus dans la légende à Rio (22 médailles d’or en tout) a presque son pendant chez les nageurs paralympiques. Le Brésilien Daniel Dias a placé la jauge à 15 médailles depuis le début de sa carrière, dont dix en or. Il vise le cap de la vingtaine à la maison, où il s’est qualifié dans six épreuves individuelles. Ça devrait faire du bruit.