Sandrella Awad, une Marseillaise à Rio pour la gloire du basket fauteuil

JEUX PARALYMPIQUES L'athlète de 33 ans dispute ses premiers Jeux paralympiques à Rio...

C.L.

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L'équipe de France paralympique de basket pour les JO de Rio 2016
L'équipe de France paralympique de basket pour les JO de Rio 2016 — FFHandisport

Qu’on ne se trompe pas, l’espoir de médaille est « nul » ici. Le fossé est trop grand, nous répète-t-on du côté du club formateur de Sandrella Awad, qui dispute ses premiers Jeux paralympiques à Rio cette année. L’athlète elle, s’en amuse presque. « C’est énorme d’être ici », lâche-t-elle tout en passant le portique de sécurité avec son fauteuil.

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A 33 ans, l’ailière termine sa quatrième année dans l’équipe de France. Au terme d’un parcours fulgurant. Découverte du basket il y a 5 ans. Troisième aux championnats d’Europe en 2013. National A l’année dernière. Signature avec Giulianova en première division italienne, en 2016. « Elle part dans un des meilleurs clubs d’Europe », confirme Antony Joubert, son coach au Marseille Handi Sud Basket.

Trois fois plus entraînée que les autres

L’élève, « patiente et déterminée », a commencé l’année dernière à s’investir à fond dans le basket fauteuil. « Elle s’entraînait cinq à six fois par semaine, raconte le président de l’association, Ouahid Boustila, quand la plupart ne sont là que deux fois. » Alignée en réserve et en équipe une, sa pathologie lui a aussi permis de se rendre indispensable. Paraplégique, son handicap compte pour un point (paraplégique sans abdos), quand l’équipe ne peut en rassembler que 14 au total. « Elle a réussi à se faire sa place », assure son entraîneur, en club comme en équipe de France. « J’ai découvert que j’aimais la compétition, commente l’intéressée, qui s’entraîne 15 heures par semaine et joue deux matchs par week-end, j’ai arrangé ma vie autour du sport et j’ai obligé tout le monde à suivre. »

Sandrella Awad, avec son club marseillais
Sandrella Awad, avec son club marseillais - N.Leroy

Toute cette énergie ne suffira probablement pas à prétendre à autre chose qu’une queue de peloton à Rio. Etats-Unis, Canada et Australie se disputeront probablement la médaille. Et sous les géants, Angleterre, Allemagne ou Pays-Bas dominent déjà le basket fauteuil européen. « On a quand même une politique du handicap particulière », assène comme une évidence Antony Joubert, qui est aussi assistant en équipe de France espoirs. Pour l’exemple, l’Allemagne a mis en place une politique de détection des plus jeunes. L’Angleterre, elle, fait évoluer les athlètes nationaux sur quatre niveaux, quand la France réunit les espoirs de 13 à 21 ans. « En gros, vous coupez le classement en deux, résume Sandrella, en haut vous avez les professionnels, en bas les amateurs mais il y a une progression constante. » Aux Jeux de Londres en 2012, les féminines avaient perdu leurs quatre matchs. Huitièmes au classement mondial cette année, elles espèrent grappiller une ou deux places à l’issue des Jeux.

Sandrella Awad
Sandrella Awad - FFHandisport

Jeudi, pour le premier match de l’équipe de France féminine de basket fauteuil, Sandrella et ses coéquipières devront se mesurer aux Etats-Unis. « C’est comme si les stars de la NBA rencontraient un club français de niveau régional », résume le président. Et le défi commence jeudi, 10h, heure brésilienne.