Jeux paralympiques: Les basketteuses de Lannion ont déjà fait mieux que les garçons

RIO 2016 Contrairement à leurs homologues masculins de l'équipe de France, Agnès Etavard-Glemp et Angélique Pichon vont participer au tournoi carioca...

Jeremy Goujon

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Les Bretonnes Angélique Pichon (à g.) et Agnès Etavard-Glemp, ici avec le trophée de champion de France de Nationale 1B remporté en 2016 avec le Club trégorrois handisport de Lannion.
Les Bretonnes Angélique Pichon (à g.) et Agnès Etavard-Glemp, ici avec le trophée de champion de France de Nationale 1B remporté en 2016 avec le Club trégorrois handisport de Lannion. — CTH Lannion

Des cinq athlètes bretons licenciés dans la région présents aux Jeux paralympiques de Rio (7-18 septembre), elles seront les premières à l’œuvre.

Un gros morceau d'entrée

Alors que les navigateurs Bruno Jourdren (médaillé de bronze à Pékin en 2008) et Éric Flageul, et la cycliste Katell Alençon n’entreront en lice que les 12 et 14 septembre dans leurs disciplines respectives (Sonar et contre-la-montre), les basketteuses Agnès Etavard-Glemp et Angélique Pichon défieront les USA au sein de l’équipe de France féminine, jeudi matin (15 h à Paris, match diffusé en différé sur France 4 à 19 h).

« Un grand moment pour elles », assure Gérard Guivarc’h, leur président au Club trégorrois handisport (CTH) de Lannion. Un grand moment aussi pour le club costarmoricain, pas peu fier de compter dans ses rangs la capitaine (Pichon) et la meneuse (Etavard-Glemp) des Bleues. « Ce sont deux personnes très importantes au niveau du groupe, et on espère qu’elles vont le tirer vers le haut », souhaite Guivarc’h.

Rester dans le Top 8 mondial

L’objectif est clair : faire mieux que la 10e (et dernière) place décrochée à Londres il y a quatre ans, et ainsi se qualifier pour les quarts de finale, comme lors du Mondial 2014 (8e). « Pourquoi ne pas gratter la 7e place », envisage même Angélique Pichon. Histoire peut-être d’attirer davantage la « jalousie » de leurs homologues masculins, non qualifiés pour le tournoi carioca.

« Les garçons, qui viennent d’être sacrés champions d’Europe B à Sarajevo [le 17 juillet], n’ont pas encore le niveau pour jouer les JO. Donc effectivement, ce sont les filles qui mènent pour l’instant la danse », souligne Gérard Guivarc’h.

Angélique Pichon lors des Jeux paralympiques de Londres, en 2012.
Angélique Pichon lors des Jeux paralympiques de Londres, en 2012. - A. Grant / AP / Sipa.

Pour oublier les goujats

Le constat vaut également pour le championnat de France, où Agnès Etavard-Glemp et Angélique Pichon évoluent avec les hommes, faute d’effectifs féminins suffisants.

« Ce sont elles qui en veulent le plus, estime le dirigeant breton. Être dans le cinq majeur d’une équipe de haut niveau [le CTH Lannion est remonté en première division au printemps dernier], c’est significatif. Il faut en vouloir pour se bagarrer avec des hommes super-entraînés, et parfois très mesquins dans leur comportement. Nos filles sont habituées à toutes sortes de réflexions… » Ou quand le machisme avance aussi en fauteuil roulant.