Scandale de dopage: La Russie, «une culture profondément enracinée de la tricherie»

ATHLETISME L'IAAF a donné jusqu'à la fin de la semaine à la Russie pour répondre aux accusations, ou elle sera suspendue...

N.C. avec AFP
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Mariya Savinova célèbre sa médaille d'or sur 800m aux Mondiaux de Moscou, le 18 août 2013.
Mariya Savinova célèbre sa médaille d'or sur 800m aux Mondiaux de Moscou, le 18 août 2013. — Ivan Sekretarev/AP/SIPA

La Russie, son gouvernement, ses athlètes et leur « culture profondément enracinée de la tricherie » ont été cloués au pilori par l’Agence mondiale antidopage (AMA), qui a réclamé leur mise au ban du monde sportif dans un rapport explosif. Le document de l’AMA diffusé lundi précise que le « dopage organisé » concerne d’autres pays et d’autres sports, sans donner de précisions.

Dans la nuit de lundi à mardi, le ministère des Sports russe a publié un communiqué dans lequel il dit être « parfaitement au courant des problèmes » au sein de la fédération russe d’athlétisme, liste les « mesures » prises (le remplacement des cadres) et assure que « la Russie a été et continuera d’être totalement mobilisée contre le dopage ».

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Mais pour l’AMA, la Russie doit être suspendue de toute compétition en athlétisme, dont les JO 2016 à Rio de Janeiro (Brésil), en raison de cas de dopage qui n’auraient « pas pu exister » sans l’assentiment du gouvernement.

Le rapport de plus de 300 pages décrit « un haut niveau de collusion parmi les athlètes, les entraîneurs, les médecins, les officiels et les agences sportives pour fournir de façon systématique aux athlètes russes des produits dopants afin d’atteindre le principal objectif de l’Etat (…): produire des vainqueurs. (…) La décision d’un athlète de ne pas participer est susceptible de le priver d’entraîneurs de premier plan ».

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Le document dénonce « une culture profondément enracinée de la tricherie » et « une mentalité fondamentalement dévoyée, profondément inscrite chez tous les athlètes russes ». L’Agence russe antidopage a rejeté des accusations « infondées ». Le ministre russe des Sports, Vitaly Moutko, a promis de coopérer « avec n’importe quelle commission » d’enquête, « à condition qu’elle soit impartiale ».

Malgré ces protestations, Sebastian Coe, président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), a donné jusqu’à la fin de la semaine à la Russie pour répondre aux accusations. Faute de quoi, le pays risque une suspension provisoire, qui pourrait être prononcée avant même la prochaine réunion de l’IAAF, les 26 et 27 novembre à Monaco. Le président de la fédération russe d’athlétisme, Vadim Zelichenok, a réclamé une semaine supplémentaire pour s’expliquer.