Le scandale de corruption touche la Fédération internationale d'athlétisme qui avait organisé les Mondiaux à Moscou en 2013.
Le scandale de corruption touche la Fédération internationale d'athlétisme qui avait organisé les Mondiaux à Moscou en 2013. — Alexander Zemlianichenko/AP/SIPA

ATHLETISME

Six questions pour comprendre le scandale de dopage dans l'athlétisme

L'Agence mondiale antidopage a dévoilé lundi un rapport accablant pour la Russie...

C’est un scandale de grande ampleur. Pendant plusieurs années, des membres haut placés de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) corrompus, ont demandé de l’argent à certains athlètes pour cacher leur contrôle positif. Saisie en début d’année après la révélation par des médias allemands et britanniques de fraude en Russie, l’Agence mondiale antidopage (AMA) a mené l’enquête. Elle a dévoilé un rapport accablant de 325 pages ce lundi.

En quoi consistait le système de corruption ?

Il serait généralisé. Des membres de l’IAAF auraient racketté des athlètes dopés. Ils demandaient de l’argent pour ne pas révéler leur contrôle positif. Le rapport met aussi en cause le laboratoire antidopage de Moscou en charge des contrôles. Selon l’AMA, il aurait volontairement détruit près de 1.500 échantillons. Des allégations qui poussent l’Agence à demander le retrait de son accréditation.

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Quels sont les athlètes concernés ?

Des Russes, essentiellement. Le rapport évoque le cas de la fondeuse Liliya Shobukhova, médaillé d’argent sur 5.000 m aux championnats d’Europe de Göteborg en 2006. Afin de participer au JO de Londres, elle aurait versé la somme de 569.000 dollars en trois fois. Cinq autres athlètes russes ont également été directement mis en cause. C’est le cas de la championne olympique en titre du 800 m, Mariya Savinova, dont l’AMA a demandé la suspension à vie. Les autres noms n’ont pas encore été dévoilés. Ce premier rapport se concentre uniquement sur la Russie et l’athlétisme, mais le « dopage organisé » concerne d’autres pays et d’autres sports, estime l’AMA.

Quel rôle la Russie a-t-elle joué ?

« Le dopage n’aurait pu exister sans l’assentiment du gouvernement russe. » L’attaque est frontale et assumée. Dans son rapport, l’AMA met en cause le ministre russe des Sports Vitali Moutko. Vladimir Poutine n’est pas cité, mais il avait joué un rôle important dans l’attribution des Mondiaux à Moscou en 2013. L’Agence mondiale antidopage a demandé la suspension de la Russie de toute compétition officielle jusqu’au JO de Rio. Dans la foulée, l’IAAF a annoncé « l’ouverture d’une procédure d’application de sanction contre la Russie ».

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Qui sont les dirigeants de l’IAAF mis en cause ?

L’ex-président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), le Sénégalais Lamine Diack, a été mis en examen la semaine dernière. Mais l’AMA a décidé de ne pas évoquer son cas lundi pour ne pas empiéter sur le travail de la justice. Son conseiller juridique, l’avocat Habib Cissé, a également été en cause, tout comme le Dr français Gabriel Dollé, en charge de la lutte antidopage à l’IAAF jusqu’à la fin de l’année 2014. D’autres noms pourraient sortir bientôt. Interpol a annoncé dans l’après-midi qu’elle coordonnerait l’enquête internationale, qui sera pilotée par la France.

Y a-t-il des Français concernés ?

Chez les sportifs pour le moment non. La France a su faire le ménage elle-même. Pas épargnée par les cas de dopage ces dernières années, elle a suspendu plusieurs athlètes. C’est le cas du marcheur Bertrand Moulinet, positif à un stimulant à l’EPO, mais aussi de Laila Traby, positive à l’EPO. Le lanceur de marteau Quentin Bigot a lui avoué avoir pris des anabolisants. Même s’il faut être prudent sur la question pour l’instant ce n’est pas du tout à l’ordre du jour.

Les Français vont-ils récupérer des médailles ?

C’est bien trop tôt pour le dire car on ne connaît pas encore tous les athlètes concernés. Mais si des suspensions venaient à tomber, la France, 4e du 4x400 m féminin lors des mondiaux de Moscou en 2013, pourrait récupérer le bronze puisque la Russie était sur le podium. En 2015 aux mondiaux de Pékin, Pascal Martinot-Lagarde avait lui aussi terminé 4e du 110m haies, derrière Serguey Shubenko. Ce sont les deux résultats que la France pourrait regarder de plus près.