PSG-Chelsea: «On ne sait pas vraiment où situer Paris», assure Marcel Desailly

FOOTBALL L’ancien défenseur de Chelsea, aujourd’hui consultant pour Canal +, connaît bien les Blues…

Antoine Maes
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L'ancien défenseur de l'équipe de France et de Chelsea Marcel Desailly, en 2009, au Cap.
L'ancien défenseur de l'équipe de France et de Chelsea Marcel Desailly, en 2009, au Cap. — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Marcel Desailly est un homme occupé. A 45 ans, l’ancien défenseur des Bleus est régulièrement aux quatre coins du monde. Consultant pour Canal +, il est tout de même régulièrement à Londres pour y commenter les matchs de Chelsea, son ancienne équipe. Mercredi, il suivra de près le match des Blues chez le PSG, dont il suit de près la progression.

En France, beaucoup de gens estiment que Chelsea est un tirage favorable pour le PSG. Est-ce votre avis?

Ils ont fait une contre-performance contre Crystal Palace ce week-end. Avant ça contre Arsenal, ils ont montré toute la palette de leurs qualités. Mais en France, on doit encore faire nos preuves sur le plan européen. On a fait un très bon parcours avant d’être battu l’an dernier par Barcelone. Maintenant, il faut espérer que ce manque d’expérience ne va pas jouer sur ce 1er match capital. Il est vital que Paris n’encaisse pas de but contre un Chelsea qui a des statistiques superbes en Champion’s League. Ce que fait le PSG c’est intéressant, mais c’était au niveau national, c’était contre Leverkusen… On ne sait pas vraiment où situer Paris. On connaît le potentiel, mais la machine n’a pas été utilisée encore.

C’est quoi le vrai niveau de Chelsea?

Pour avoir été joueur, c’est très difficile de sortir d’un match très enlevé avec une grosse intensité et d’aller jouer à Crystal Palace, surtout avant la Champion’s League. Inconsciemment, vous êtes un peu perturbé. Le coach a beau vous rappeler à l’ordre, vous avez un peu de relâchement. Vous vous préparez plus pour la C1… Ce n’était pas le vrai visage de Chelsea.

Quel est le gros point fort de cette équipe?

De la manière dont Mourinho l’a positionnée, c’est la contre-attaque. Ils laissent croire à leurs adversaires qu’ils vont faire la différence. Paris ne doit pas se faire piéger. Regardez ce qui s’est passé pour Arsenal: à la transition défense-attaque, c’est énorme, ils se sont fait punir à chaque fois. Chelsea finalement s’en fout de savoir s’ils sont favoris ou pas favoris. C’est ce qu’on appelle l’expérience.

Aujourd’hui, que représente Chelsea en Angleterre?

Je ne comprends pas trop votre question… C’est au même niveau que Manchester, et beaucoup plus qu’Arsenal en termes de notoriété et de palmarès. Chelsea est le 2e plus grand club que l’on a en Angleterre. City vient d’arriver, Chelsea est tout de suite derrière Manchester United. Certes Chelsea, au très niveau, est apparu depuis 1994. Ça fait vingt ans, avant Vialli et Zola, c’était le néant.

Dans vos voyages, on vous parle beaucoup du PSG?

Malheureusement, on n’en parle que lorsqu’il y a une actu, un but fantastique par exemple. Pour changer la perception qu’on a du PSG, c’est un très bon parcours en Champion’s League qu'il lui faudra. J’aime Paris, j’aime la dynamique apportée. Mais la vérité, c’est que par rapport à la Premier League et à la Liga, Paris n’existe pas. Le prestige, on l’a uniquement à travers les victoires. Avoir gagné deux championnats consécutifs, français, et avoir dépensé des millions, ne vous donne pas cette crédibilité dans le monde du football. On est constamment en train de se demander «est-ce qu’on est crédibles?», «est-ce qu’on nous regarde?» La réponse, c’est qu’on est une curiosité. Il y a des joueurs de très haut niveau, une énorme qualité, mais ça s’arrête là, on attend de voir.