Top 14: Popularité, recrutement, formation… Qui est le meilleur entre le Stade Français et le Racing Métro?

RUGBY Le derby francilien a lieu samedi…

Propos recueillis par Romain Baheux

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Marc Andreu face à Julien Arias lors de Racing Métro-Stade Français le 26 octobre 2013.
Marc Andreu face à Julien Arias lors de Racing Métro-Stade Français le 26 octobre 2013. — LIONEL BONAVENTURE / AFP

C’est le moment de faire le bilan, calmement. Samedi à Jean-Bouin, le Stade Français défie le Racing Métro pour la dixième fois depuis la remontée en Top 14 de la formation des Hauts-de-Seine en 2009. Pour l’occasion, Max Guazzini, ex-président du Stade Français, et Eric Blanc, ancien entraîneur et dirigeant du Racing, se livrent au jeu des comparaisons entre les deux clubs.

Le match de la popularité

Eric Blanc: «Je mettrais les deux au même niveau. Il y a eu une dynamique très positive au Racing après la montée en Top 14 mais le Stade Français a une image jeune et sympathique cette saison. Il y a du respect mais il n’y a pas de complicité. Chacun est dans son coin, comme les clubs de football à Londres.»

Max Guazzini: «Il n’y a qu’à voir le remplissage du Stade de France entre les rencontres organisées par le Racing et celles du Stade Français: c’est du simple au double. C’est légitime, le Racing n’a rien gagné depuis qu’il est remonté. Pendant trois ans, le Stade Français a été mis en pénitence au Stade Charléty. On ne peut pas parler de retour de flamme parce que je pense que la flamme a toujours brûlé.»

Le match sportif

E.B.: «C’est le Racing. Ils ont joué quatre fois les phases finales tandis qu’avec le départ de Max Guazzini, le Stade Français a été en retrait pendant quelques années. Maintenant, ils reviennent à un niveau plus conforme à leur budget et leur expérience. Cette année, c’est plus flamboyant mais le Racing a une épaisseur de cuirassé quand vous comparez les joueurs. Le banc du Stade Français, c’est un strapontin.»

M.G.: «Match nul, aucune de ces équipes n’a été championne. Ils ont fait des phases finales de championnat mais le Stade Français a fait deux finales de Challenge Européen. Le Racing a été mieux classé en championnat ces dernières années mais l’important c’est de gagner.»

Le match de la formation

E.B.: «Depuis deux ans, ils ont fait monter une bande de jeunes joueurs comme Slimani, Bonneval, Flanquart, Plisson… Quand une équipe perd du niveau, c’est plus facile pour des espoirs de s’imposer. Le Racing, tu n’as que des internationaux, c’est très compliqué d’éclore. C’est comme en Formule 1, tu ne prends pas tout de suite le baquet de Vettel.»

M.G.: «C’est tellement clair quand on voit le nombre de joueurs issus du centre de formation qui évoluent en équipe première du Stade Français. Au Racing, il n’y en a pas beaucoup, j’en vois un, c’est Chavancy. Cette différence vient de notre volonté de miser sur la formation, on a toujours pensé que c’était très important.»

Le match du recrutement

E.B.: «Le Racing a plus de noms ronflants. Ils ont acheté chez Fauchon. Après, ça n’a jamais pris à la hauteur du pedigree plaqué or de ces joueurs. L’exemple, c’est François Steyn qui était un monstre mais qu’on n’a jamais vu à 100 % quand il était au Racing. Le Stade Français a davantage recruté cet été parce qu’il fallait encadrer les jeunes. On attend mieux de Digby Ioane mais je pense qu’il a un réel potentiel. Les dirigeants ont fait de bons choix»

M.G.: «C’est le Racing, mais tout ce qui brille n’est pas or. Ils peuvent finir champions de France cette saison mais malgré leur recrutement tapageur, il n’y a pas encore eu de titre.»