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Pascal Papé-Jules Plisson: «Dire que le Stade français est redevenu grand, ce n’est pas vrai»

Pascal Papé-Jules Plisson: «Dire que le Stade français est redevenu grand, ce n’est pas vrai»

INTERVIEW CROISEEINTERVIEW CROISEE – Le jeune et l’ancien joueur du Stade français font partie des six joueurs du clubs sélectionnés par Philippe Saint-André…
Romain Scotto

Romain Scotto

L’un est capitaine des Bleus et présent en sélection depuis 2004. L’autre n’y a pas joué le moindre match, mais fait partie du groupe de préconvoqués pour le prochain Tournoi des Six Nations. Pascal Papé (33 ans) et Jules Plisson (22 ans) n’appartiennent pas à la même génération, mais partagent le même quotidien au Stade Français, présent en force chez les Bleus de Saint-André (Slimani, Bonneval, Flanquart et Burban sont également appelés)…

Un mot sur la sélection de Jules. Vous étonne-t-elle ?

Pascal Papé : Il n’y a pas grand-chose à dire. Par rapport à son début de saison, c’est complètement mérité. On connaît son talent. Il le montre sur le terrain. Il a la chance de beaucoup jouer, il a pris de l’expérience. Maintenant, il le sait, le plus beau et le plus dur restent à venir. On a l’habitude de dire que l’équipe de France change un homme. Ce sera aussi le cas pour lui. Et pour eux. Il faut vraiment en profiter. Ces comment-là sont les meilleurs dans une carrière. Et des fois, ils sont rares.

Jules Plisson : Je réalise, mais je ne m’y attendais pas vraiment. François Trinh-Duc aurait aussi pu être appelé. C’est à moi de donner mon maximum pour saisir cette opportunité. Maintenant on pensera à l’équipe de France après quand on se rassemblera à Canet-en-Roussillon. On savoure ça ensemble avec Pascal.

P.P. Monsieur Papé.

J.P. Monsieur Papé, pardon.

Que représente pour le club cette présence massive de joueurs du Stade ?

J.P. C’est une belle récompense. Souvent, on relève la belle formation de Clermont ou Toulouse. On voit qu’avec le temps, il y a aussi des jeunes joueurs qui arrivent et qui feront les beaux jours du club avec des anciens toujours au top. Il y a quelques années, au centre, entre potes, on s’était dit qu’on aimerait tous rester dans ce club et se retrouver en équipe première. C’est ce qui est en train de se passer.

P.P. Ça ne me surprend pas, mais ça veut surtout dire que ça sent le sapin (il rit) (pour lui, ndlr). Comme il le dit, il faut féliciter le club. Il ne faut pas que ce soit qu’une génération. L’objectif, c’est d’avoir des jeunes joueurs comme ça en équipe de France. Il n’y a pas beaucoup de clubs capables de le faire. Bon, moi, quand j’avais ton âge, le centre de formation n’existait pas encore. Pour moi, c’est énorme. Quelque part, je ne me dis pas que j’ai dix ans de plus qu’eux. J’ai encore un état d’esprit de jeune. Je me plais avec eux-mêmes si parfois il faut les reprendre parce qu’ils sont jeunes. Et ils ont tendance à s’éparpiller.

Qu’apprenez-vous l’un auprès de l’autre ?

P.P. Ils m’apportent leur fraîcheur, leur connerie parfois.

J.P. Il nous apporte toute son expérience du haut niveau. Il est là pour nous reprendre, nous remettre dans le droit chemin. Cette année, on a l’impression qu’il nous fait confiance. Avoir la satisfaction des anciens nous permet de ne plus avoir cette pression. Nous, on lui apporte cette jeunesse. On fait un peu les cons à certains moments en le taquinant. Et on prend un retour. C’est plutôt sympa.

Pour le club, n’est-ce pas difficile à gérer ?

P.P. Oui, il ça c’est le point négatif. Il y a des inconvénients. Mais quand on joue en équipe de France, on gagne trois ou quatre ans d’expérience en un match. Donc ça ne peut être que bénéfique pour le club au final.

Est-ce le retour du grand Stade français ?

P.P. Pour vous. On fait une bonne première moitié de championnat mais il reste dix matchs. Donc humilité. L’objectif reste le même. Après, on verra. Ne commencez pas à dire que le Stade français est redevenu grand, ça ce n’est pas vrai.

J.P. Non, pour l’instant on est 2e mais à 5 points du 6e. Il faut faire attention par rapport à ça. On en reparlera à la dernière journée de championnat.

Jules, en quoi avez-vous changé depuis votre première convocation ?

J.P. Je sais ce qu’il me manque pour arriver au très haut niveau. J’ai pris conscience cette année avec l’arrivée de Morné Steyn que si je voulais exister dans un club, il fallait travailler et se remettre en question quotidienne ment. Maintenant je suis plus mature dans mon jeu.