Sotchi 2014: Kevin Rolland «content d'avoir assuré la médaille» malgré les conditions

Julien Laloye

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Kevin Rolland fête sa médaille de bronze, le 18 février 2014 à Sotchi.
Kevin Rolland fête sa médaille de bronze, le 18 février 2014 à Sotchi. — F.FIFE/AFP

De notre envoyé spécial à Sotchi,

D’abord la pluie. Ensuite la neige. Entre les deux, parfois en même temps, le brouillard. Et des Français en panique au moment d’aborder l’épreuve de ski half-pipe sur le demi-tube de Rosa Khutor mardi soir. Greg Guenet, le coach du freeski project, porte la frustration sur son visage. «Il a fallu changer tout le programme, on avait bossé sur des runs depuis un an et le jour des JO on ne peut pas les poser à cause de la météo. Ce temps, ça nivelle le niveau vers le bas. On a changé tous nos plans, on a farté les skis trois fois, on est même retourné à l’hôtel en chercher pour trouver la solution. Tout ce que les gars ont fait, c’est presque de la semi-improvisation. Il faut leur tirer un grand coup de chapeau.»

«Les conditions étaient horribles»

Au jeu du je-fais-ce-que je-peux-et-on-verra-à-la fin, c’est Kevin Rolland qui s’en tire le mieux. Le quadruple vainqueur des X Games a raboté ses ambitions au dernier moment, mais il en a fait assez pour ramener la médaille de bronze. «Je suis content. Vraiment. Les conditions étaient juste horribles, je pensais même pas qu’ils allaient faire partir la finale. Il neigeait tellement, ce n’est pas mon fort du tout. J’ai réussi à m’adapter et à choper la breloque. C’était pas gagné avec ces conditions.» Car les Français, Rolland, Krieff, et Valentin, avaient imaginé cette soirée autrement. Un temps clair, une neige impeccable, et toute la glisse du monde pour donner de l’amplitude à leurs mouvements. «J’étais tout excité au départ. J’ai demandé cent fois à mon coach ce que je devais faire pour m’en sortir. Heureusement que je réussis à assurer mon premier run. Mais je voulais faire le show pour une fois que le grand public pouvait nous voir, je suis un peu frustré par rapport à ça.»

«Cette médaille, c’est une récompense pour nous tous»

Pas autant que ses deux collègues d’entraînement, Thomas Krief et Benoît Valentin, qualifiés sans forcer en finale, mais incapables de poser une manche sans chuter au moment où ça comptait vraiment. Tant pis, les deux copains se consolent avec la médaille de Rolland, qui est un peu celle de tout le freeski project, ce groupe monté et financé de A à Z par les trois finalistes, en plus de Xavier Bertoni, éliminé en qualifications. «Kevin nous a remonté le moral en nous montrant sa médaille de bronze, sourit Valentin. On s’entend tous très bien, et je crois que la médaille de Kevin est une récompense pour nous tous. En plus, lui c’est un acharné, il a déjà tout gagné mais il en veut toujours plus. Ca fait plaisir que ce soit lui, même si on aurait aimé l’accompagner sur le podium.» Pour ça, il aurait fallu qu’il fasse beau.