Marie Barsacq: «Il y a une caisse de résonance sur les violences dans le foot»

Propos recueillis par Antoine Maes

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Un terrain de football
Un terrain de football — JAUBERT/SIPA

Non, le foot n’est pas encore un sport infréquentable. Mardi, les chiffres de l’Observatoire des comportements de la FFF indiquaient une baisse notable de 12% des matchs amateurs donnant lieu à des incidents, par rapport à la saison 2011-2012. Entretien avec Marie Barsacq, la directrice de la Ligue de football amateur.

La baisse des incidents dans le football amateur est-elle une vraie tendance?
Il y a 12% de baisse des incidents. Cela veut dire qu’il y a 98,3% des rencontres sans incidents, ce qui représente une part très importante. Pour ce qui reste, la moitié concerne des incidents verbaux. Un détail important car beaucoup font un amalgame avec la violence physique. «Incident» dans notre vocable, ça va du propos insultant à la menace physique.

Pourtant, il y a encore eu un arbitre agressé en Seine-et-Marne ce week-end…
Ce sont des faits isolés, qui sont très regrettables. Nous portons une attention particulière aux arbitres. Nous les accompagnons systématiquement pour ne pas les laisser seuls suite à l’agression qu’ils ont pu subir. Nous constatons une baisse de 1%, ce qui démontre que les campagnes mises en place portent leurs fruits. Nous portons également une attention particulière au niveau des jeunes. On sait par exemple qu’avec les réseaux sociaux, les choses peuvent s'envenimer très rapidement. Avant on se chambrait au café, maintenant on se provoque sur Facebook.

Le racisme ne représente que 0,6% des incidents. C’est tellement peu qu’on se demande si vos chiffres sont fiables…
Chaque rencontre fait l’objet d’une feuille de match, et d’un rapport de l’arbitre voire du délégué. Ce sont eux qui font remonter les incidents. Ensuite ces informations sont compilées puis remontées jusqu’à l’Observatoire. Les incidents liés au racisme ne représentent qu'une part très faible des problèmes recensés.

Sur le total des matchs organisés, seul 1% donne lieu à des incidents. Trouvez-vous le traitement réservé au foot injuste?
Nous sommes les premiers à le regretter. Le foot ne génère pas la violence. Il sert malgré lui de caisse de résonance à la violence qui fait croire que ça arrive très souvent. la grande majorité des matchs se déroulent sans incidents, et on peut y amener ses enfants. Ramené au nombre de match, par rapport aux autres sports, on n’est pas des mauvais élèves, pour ne pas dire autre chose. L’année dernière, on a mené des enquêtes auprès de ceux qui ont arrêté de jouer au foot. Et sincèrement, la violence n’est pas apparue du tout, ou alors de façon anecdotique. Ce sont avant tout les changements de vie professionnelle ou familiale qui incitent les adultes à arrêter. Chez les plus jeunes, ce ne sont pas les incidents survenus ces dernières années avec les A. C’est plus l’envie de changer et d'essayer d'autres sports;