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France - Afrique du sud: Un XV de France à l’accent de Pro D2

France - Afrique du sud: Un XV de France à l’accent de Pro D2

RUGBY – L’équipe de France débutera contre les Springboks avec Dulin, Guitoune et Huget, trois joueurs qui ont fait leurs classes ensemble à Agen à l’échelon inférieur…
Romain Scotto

Romain Scotto

En trois ans, la barbe a eu le temps de pousser et les muscles ont légèrement gonflé. Brice Dulin, Sofiane Guitoune et Yoann Huget n’ont pourtant pas oublié les années agenaises, lorsqu’ils débutaient tour à tour en ProD2 au stade Armandie. Samedi soir, les trois arrières seront de nouveau réunis avec le XV de France face à l’Afrique du Sud, avec l’espoir de mettre à profit leur vécu commun: «J’ai plus joué avec Yoann que Sofiane mais on s’est énormément entraînés ensemble, se souvient Dulin. Ça permet d’avoir quelques repères. Ça revient très vite. Sur ce genre de match, on aura moins le temps de communiquer, donc ça nous aidera. On est plus spontanés.»

Pour leur ex-entraîneur, Henri Broncan, ces retrouvailles au plus haut niveau ne tombaient pourtant pas sous le sens. L’actuel coach d’Albi se souvient de l’époque où il devait convaincre ses dirigeants d’engager Dulin jugé trop petit. Et Guitoune, trop fantaisiste. «C’était des gamins, amoureux fous du rugby. Ils ne s’ennuyaient jamais sur le terrain. Ils apportent une fraîcheur parce qu’ils osent prendre des risques.» Leur parcours prouve aussi qu’il est possible pour de jeunes Français de réussir en dehors d’un parcours fédéral préétabli.

«En Pro D2 il y a plus de combat»

Philippe Saint-André, ravi de reconstituer le trio, salue aujourd’hui le travail d’un club qui a souvent eu du nez pour repérer les gros potentiels. Agen comptait jusqu’à six internationaux juniors au début des années 2010 en Pro D2. «C’est difficile pour les jeunes Français d’avoir du temps de jeu en Top14, enchaîne PSA. En deuxième division, ils se mettent en confiance en enchaînant les matchs. Leur maturité est plus grande. Ça leur ouvre quand même les portes de l’équipe de France.»

Dans l’équipe qui affrontera l’Afrique du sud, trois autres joueurs, Tales, Forestier et Maestri ont aussi fait un tour à l’échelon inférieur. Une division où tous y ont puisé quelques atouts pour évoluer au très haut niveau. «En Pro D2, il y a plus des de combat et d’occupation, poursuit Dulin. Si on a un gros pack, c’est plus facile. On joue moins au ballon qu’en top 14. Il y a moins d’envolées. Ça nous entraîne à être habitué à de gros contacts.» Tout ce qu’il retrouvera samedi soir au Stade de France contre les Boks.