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Handball: «Il n’y a plus ce côté star, un peu paillettes, à Montpellier», pour Arnaud Siffert

Handball: «Il n’y a plus ce côté star, un peu paillettes, à Montpellier», pour Arnaud Siffert

Handball – Arnaud Siffert, le deuxième gardien de Montpellier parle sans détour de l’après Karabatic…
Arnaud Siffert sous le maillot nantais, en mars 2012
Arnaud Siffert sous le maillot nantais, en mars 2012 -  F. Elsner / 20minutes
Propos recueillis à Nantes par David Phelippeau

Propos recueillis à Nantes par David Phelippeau

Ce jeudi soir, c’est le choc de la LNH. Montpellier accueille le HBC Nantes, lors de la 3e journée de D1. Les deux formations ont fait le plein pour le moment (deux succès en deux matchs). Nous avons interrogé Arnaud Siffert, l’homme qui vit dans l’ombre du gardien de but Thierry Omeyer et qui vient tout juste de quitter la maison nantaise.

C’est un match particulier pour vous?

Je l’attends mais pas forcément car c’est mon ancien club. Je suis pressé de le jouer un peu pour ça mais surtout car c’est le premier gros choc du championnat. J’ai hâte d’y être et d’en découdre.

Vous êtes dans l’Hérault depuis cet été. Quelle est la grosse différence entre Montpellier et Nantes?

La grosse différence c’est l’expérience du haut niveau. Montpellier est au plus haut niveau depuis très longtemps. Ce club a été précurseur au niveau du hand français, il sait où il va. Il n’y a plus de tâtonnements. Les dirigeants savent ce qu’ils font donc tout roule, tout est bien huilé. C’est agréable d’arriver dans un club comme ça. Nantes est un club plus jeune dans l’élite. Il évolue encore tous les ans. Il explore tous les ans de nouvelles choses.

A-t-on digéré l’affaire Karabatic à Montpellier?

C’est du passé cette histoire. L’équipe a justement été créée cette année pour éviter de mettre en avant un joueur plus qu’un autre. Il n’y a plus ce côté star, un peu paillettes que Montpellier a essayé d’avoir pendant quelques années. Le club est passé à autre chose. Ça leur a coûté plus que ça leur a apporté. Aujourd’hui, le groupe est mis en avant. L’équipe a été très rajeunie à part dans le but (arrivée de Thierry Omeyer et lui-même). C’est le début d’un nouveau cycle. C’est le début de quelque chose d’autre ici.

L’élimination en barrage de la Ligue des champions a dû vous freiner dans votre nouvel élan …

Ça aurait mieux de se qualifier c’est évident mais il n’ya pas de péril non plus. Il a fallu digérer cette élimination car c’était un objectif. On avait bossé un mois et demi comme des chiens pour passer ce barrage. On est tombés sur une bonne équipe de Plock, c’est dommage. L’aventure continue en EHF.

Sentez-vous une vraie culture de la gagne par rapport à Nantes?

Oui, c’est évident, elle est plus criante ici. C’est comme ça que le club s’est forgé depuis des années. Il faut qu’il garde cette culture. L’arrivée d’Omeyer est très importante par rapport à ça. C’est le plus gros palmarès du hand français voire mondial. Il n’est pas venu pour finir dans le ventre mou du championnat et passer deux tours en Coupe.

Avez-vous tourné la page nantaise?

J’y pense bien sûr. Mais maintenant, je suis passé à autre chose. Je ne me plains pas de ma situation actuelle. Ça aurait pu mal se terminer ou durer plus longtemps avec Nantes. J’y pense mais pas en négatif.

Nantes ne voulait plus de vous et vous rebondissez à Montpellier. Jolie pirouette?

Je ne suis pas satisfait de ça. Ma vraie satisfaction, elle est de voir que je peux être reconnu dans un club comme Montpellier. C’est une reconnaissance et une fierté pour moi. Je n’ai aucun esprit de revanche par rapport à Nantes.

Il y a bien un peu d’amertume…

Je m’étais engagé sur trois ans avec Nantes. Je n’étais pas venu pour faire deux ans et partir. Je n’ai jamais de toute façon été dans cette optique-là, c’est-à-dire de ne faire que passer dans un club. J’ai toujours eu envie de laisser une empreinte et d’apporter quelque chose au projet d’un club. Je pense avoir contribué au fait que Nantes est désormais reconnu sur plan national voire européen. On va dire que je suis un peu déçu de ne pas être allé au bout du projet nantais.