Dopage: Début du grand ménage dans l'athlétisme avant les mondiaux de Moscou?

ATHLETISME après les contrôles positifs de Tyson Gay et Asafa Powell...

Avec AFP
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Tyson Gay et Asafa Powell lors des championnats du monde d'athlétisme, en 2009, à Berlin.
Tyson Gay et Asafa Powell lors des championnats du monde d'athlétisme, en 2009, à Berlin. — THOMAS LOHNES / DDP / AFP

  Les contrôles  positifs de Tyson Gay et d'Asafa Powell à trois semaines des Mondiaux de  Moscou (10-18 août) montrent que le grand ménage se poursuit dans  l'athlétisme, un sport qui  reste énormément marqué par le dopage au point de devoir sans cesse  réécrire ses palmarès. Avec deux gros poissons comme Gay et Powell, les  2e et 4e meilleurs performeurs de tous les temps sur 100 m, un nouveau  coup de tonnerre vient frapper la discipline reine des jeux Olympiques.  Il y a deux ans avant les Mondiaux-2011 de Daegu (Corée du Sud), c'est  le Jamaïcain Steve Mullings, alors au top de sa carrière (9.80 sur 100  m), qui s'était fait prendre à un produit masquant et interdit à vie de  compétition puisqu'il avait déjà été sanctionné en 2004 (testostérone).

Avant ceux de Berlin en 2009 où Usain Bolt -avec 9 sec 58, le record du  monde-, et Tyson Gay -en 9 sec 71- firent exploser les chronos sur 100  m, quatre autres Jamaïcains, dont Yohan Blake, le futur champion du  monde 2011 du 100 m, avaient été contrôlés positifs à un stimulant, la  méthylhexanamine et écopé au final de trois mois de suspension.

En 2003,  avant les Mondiaux de Paris, l'Agence antidopage américaine (Usada)  avait soulevé le couvercle de ce qui allait devenir l'affaire Balco,  dans laquelle se sont noyées Marion Jones et Tim Montgomery, alors  figures de proue du sprint américain. Hasard ou coïncidence, le 100 m  cette année-là reste à ce jour le plus lent de l'histoire, avec Kim  Collins vainqueur en 10 sec 07/100e, le même chrono qui avait sacré Carl  Lewis en 1983.

 

Réanalyses et passeport biologique

«La crédibilité de notre programme antidopage, et de notre sport  l'athlétisme, est renforcée, et non diminuée, chaque fois que nous  sommes capables de mettre au jour un nouveau », a souligné la  Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) lundi. Si les contrôles de  Gay et Powell ont été diligentés par l'Usada et l'Agence antidopage  jamaïcaine (JADCO), la Fédération a renforcé elle-même son propre  arsenal antidopage avec les réanalyses d'échantillons et le passeport  biologique depuis la fin 2010, qu'elle a vraiment lancé à Daegu l'été  suivant, en soumettant alors les quelque 2000 participants à des tests  sanguins.

La Fédération internationale a beau ne pas faire l'autruche  face aux problèmes de dopage, la grande disparité géographique de ses  athlètes représente pour elle un défi. Réaliser des contrôles inopinés  dans certaines parties du globe demeure une mission difficile et  coûteuse pour ce sport universel par excellence, beaucoup plus que pour le cyclisme, autre sport profondément entaché par le dopage mais dont le bassin de population est plus réduit.

Quatre podiums des JO-2004 chamboulés

La ruée vers l'or attise les tentations comme le montrent les  dernières éditions des jeux Olympiques, où la grande majorité des cas  de dopage recensés avant et pendant concernait l'athlétisme. Aux JO de  Londres, la seule médaille d'or retirée fut celle de la lanceuse de  poids bélarusse Nadzeya Ostapchuk. Mais la Turque Asli Cakir Alptekin,  sacrée sur 1500 m, pourrait rendre aussi la sienne sous peu, après avoir  été convaincue de dopage à partir des anomalies de son passeport  sanguin. Durant l'hiver, le Comité international olympique (CIO) a revu  pas moins de quatre podiums des JO-2004 en athlétisme, édition déjà  record en terme de contrôles positifs, après avoir repassé les fioles de  l'époque au crible des nouvelles méthodes de détection. 

Huit ans plus  tard, l'Américain Adam Nelson vient de recevoir l'or du lancer du poids,  à la place de l'Ukrainien Juri Belonog. Deux autres médailles n'ont  même pas été réattribuées au suivant, dont celle d'argent du lancer du  marteau retirée au Bélarusse Ivan Tikhon, multirécidiviste des  infractions antidopage. Quelques mois après les Jeux de Pékin en 2008,  Rachid Ramzi avait été aussi déchu de son titre du 1500 m masculin, la  première médaille d'or que le Bahreïn croyait avoir décrochée.