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Meeting Areva: Le Cubain Dayron Robles bientôt français?

Meeting Areva: Le Cubain Dayron Robles bientôt français?

ATHLETISME – L’athlète cubain, fâché avec sa fédération, pourrait changer de nationalité…
Romain Scotto

Romain Scotto

Officiellement, le statut de réfugié sportif n’est pas reconnu par l’ONU, mais Dayron Robles pourrait bien en être l’un des premiers athlètes à l’expérimenter. En froid avec la fédération cubaine, le hurdler courra au Meeting Areva sous pavillon monégasque puisque c’est en Principauté qu’il a posé ses valises et récupéré une licence. Une situation provisoire qui fait suite à son exclusion mi-juin de toutes les sélections cubaines.

La Fédération cubaine, présidée par Alberto Juantorena, n’avait pas apprécié que Robles court sans son autorisation à Turin le 8 juin, sa première compétition depuis sa blessure à une cuisse en finale des JO de Londres. Une «faute disciplinaire» que l’athlète n’accepte pas. Pour participer à quelques courses, il s’est donc inscrit à l’AS Monaco, placée sous le régime juridique de la fédération française. De là à envisager un changement de nationalité pour participer aux compétitions internationales? Robles ne l’exclut pas. «Ça se pourrait. Tout est possible», concédait le Cubain avant le meeting de Reims.

«S’il a envie d’être français, tant mieux pour nous»

Du côté de la Fédération française, l’idée séduit Ghani Yalouz, même si le DTN français n’a pas discuté du sujet avec l’intéressé. «Je laisse à chacun son libre arbitre. S’il a envie d’être français, tant mieux pour nous. S’il ne l’est pas, on continuera à avancer, la vie continue, ce sera son choix et uniquement son choix.» Autrement dit, la fédération ne poussera pas nécessairement pour que le que l’athlète obtienne sa nationalité. «On n’est pas là pour mettre mal à l’aise des fédérations, c’est quelque chose qu’on n’aimerait pas subir», poursuit Yalouz.

En attendant, Roblès s’est déjà rendu à l’Insep pour quelques entraînements et un «partage d’expérience» avec les spécialistes français du sprint. En cas de changement de nationalité, Robles marcherait dans les pas d’Ivan Trevejo, un escrimeur champion du monde en 1997 avec Cuba, devenu français en 2010. Pour lui, un appui de la fédération pourrait être précieux. «Changer de nationalité, c’est compliqué quand on est Cubain. Il y a beaucoup d’administratif. Ce n’est pas évident pour récupérer des papiers là-bas. J’ai eu beaucoup de mal à obtenir ma nationalité.» Deux ans au total entre sa demande et la réception de son passeport. Soit le délai imposé par la fédération internationale pour prendre part à des compétitions avec un nouveau passeport. Pour les Jeux de Rio en 2016, Robles est donc largement dans les temps.