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Roland-Garros 2013: «Ce serait le bordel», s'il y avait du bruit pendant un match de tennis, selon Henri Leconte

Roland-Garros 2013: «Ce serait le bordel», s'il y avait du bruit pendant un match de tennis, selon Henri Leconte

TENNIS – Les joueurs ne veulent pas que le public se manifeste plus que ça pendant les rencontres…
A Roland-Garros, Antoine Maes

A Roland-Garros, Antoine Maes

Imaginez un stade de foot plein à craquer. Des dizaines de milliers de supporters dans les gradins. Et au moment de tirer un penalty, un speaker qui lancerait aux spectateurs un «Silence s’il vous plait, les joueurs sont prêts». Cette scène existe au tennis, où les arbitres sont souvent appelés à ramener le calme dans des tribunes pourtant pas franchement farouches: jusqu’à preuve du contraire, il n’y a pas de kop, sur le Philippe-Chatrier.

Si certaines rencontres de Coupe Davis sont parfois assez bruyantes, la loi du silence est une règle inattaquable dans le tennis. Il y a 30 ans comme aujourd’hui, aucun joueur ne prêche pour des chants continus pendant les échanges. «Ce n’est même pas une question culturelle, assure Henri Leconte. Au golf c’est pareil, tu ne vois pas de mecs qui gueulent. Ils le font au foot? Avant, sur un penalty, dès que le mec partait, il y avait du respect. C’est le sport, et ça doit rester comme ça».

Leconte: «Comme dans la boxe, où les gens ne parlent pas, mais gueulent dès qu’un mec prend un gros coup

Aujourd’hui, la consigne est tellement bien respectée que les spectateurs eux-mêmes s’autocensurent, à grands coups de «chuuuuuuut», dès qu’un début d’encouragement dévale les tribunes. Car le tennis est un sport qui se pratique sans bruit pendant les échanges, «comme dans la boxe, où les gens ne parlent pas, mais gueulent dès qu’un mec prend un gros coup. Plus de bruit, ce serait le bordel», reprend Leconte.

Et si un jour, la culture ultra déferle sur les spectateurs du tennis, les joueurs assurent qu’ils y perdront beaucoup. «On serait gêné pour les reprises d’appui. Parce qu’on les fait en fonction du bruit de la balle que fait l’adversaire quand il frappe», assure Nathalie Tauziat. Avec cette théorie: trop d’ambiance sur un court tuerait le niveau de jeu.

Tauziat: «A l’US Open, quand les avions passaient au-dessus, c’était catastrophique»

«A Roland-Garros, aucun joueur ne s’est vraiment plaint du bruit», reprend l’ancienne numéro 1 française. «Les plus respectueux étant les Anglais à Wimbledon», ajoute Leconte. Parfois, tout de même, le joueur doit intervenir. Jeudi, contre Kubot, Benoit Paire a dû calmer un de ses fans. «J’adore qu’on me supporte, promet-il. Mais entendre un mec crier pendant 1min30 crier ‘’Benoit, Benoit, Benoit…‘’ Faire ça à tous les changements de côtés… Il faut rester concentré et savoir couper.» Surtout quand on a une petite tendance à avoir l’esprit vagabond, comme lui.

Du bruit, il y en quand même. A Roland-Garros, sur certains courts, comme le n°7, on peut entendre les vendeurs à la sauvette dans les allées jusque dans les tribunes. Mais dans ce domaine, l’enfer s’appelle Flushing-Meadow, qui passe même de la musique lors des changements de côté. «A l’US Open, quand les avions passaient au-dessus, c’était catastrophique, se souvient Nathalie Tauziat. La première fois, j’étais très impressionnée, ça faisait même peur. Et puis 10 ans après ils ont arrêté, ils ont détourné les avions, et c’était quand même beaucoup plus agréable». Quand on est prêt à aller jusque là, c’est vraiment que le silence compte énormément.