Paris-Roubaix: «J'étais seul contre tous», lâche Fabian Cancellara

CYCLISME Fabian Cancellara a remporté dimanche au sprint son troisième Paris-Roubaix…

A Roubaix, François Launay

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 Le 7 avril 2913, le suisse Fabian Cancellara a remporté son 3e Paris-Roubaix.
 Le 7 avril 2913, le suisse Fabian Cancellara a remporté son 3e Paris-Roubaix. — M.LIBERT/20 MINUTES

La ligne d’arrivée à peine franchie les bras levés,  Fabian Cancellara s’effondre, épuisé, sur la pelouse du Vélodrome de Roubaix. Pendant quelques dizaines de  secondes, son corps et sa tête sont allés voir ailleurs. «Il m’a fallu une minute pour revenir sur la planète terre. Je n’ai jamais souffert comme ça», souffle  le désormais triple vainqueur de Paris-Roubaix.

La preuve, il faudra trois paires de bras pour le relever et l’amener jusqu’à un trône de vainqueur qui a bien failli vaciller. Archi-favori de cette édition 2013, le Suisse a répondu présent. Sauf qu’il aura dû batailler jusqu’au dernier centimètre pour battre au sprint le Belge Sep Vanmarcke  au bout de 260 Km et 27 secteurs pavés. «C’était un final de vitesse de championnats du monde sur piste» résume bien Christian Prudhomme, organisateur de Paris-Roubaix.

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Et au final, c’est toujours Cancellara qui gagne. Après deux victoires en solitaire en 2006 et 2010, le coureur de RadioShack a découvert dimanche les joies du sprint au Vélodrome. Pour le plus grand désarroi de Sep Vanmarcke, deuxième et en pleurs à l’arrivée. «Ca fait très mal de se faire passer devant dans les vingt derniers mètres. Je savais qu’il était fort au sprint. Mais après 260km de course, tout le monde a sa chance» rappelle le Belge de 24 ans.

Sauf qu’à valeurs égales, c’est souvent l’expérience qui fait la différence. «Je savais que c’était la première fois de sa carrière qu’il se retrouvait à ce niveau-là. J’ai essayé de jouer avec lui, de le faire rouler», explique  Suisse. Avant d’avouer, «à la fin, ce n’était même plus de l’instinct, c’était juste la guerre. J’étais vraiment heureux d’en finir», reconnaît Spartacus, son surnom qui n’a jamais été aussi bien porté.

Car le coureur de 32 ans a triomphé de tous les éléments pour s’adjuger un troisième sacre sur les pavés. Attaqué de partout et sans équipier à 50km de l’arrivée, le Suisse, un temps distancé, est revenu dans la course tout seul comme un grand. «J’étais seul contre tous. Mais on avait une mission. Et elle est accomplie. C’est sans doute ma plus belle victoire ici», savoure le leader des Radioschack auteur du deuxème doublé Tour des Flandres-Paris-Roubaix de sa carrière (après 2010).

Surtout, avec ce troisième succès dans le Nord, Cancellara va pouvoir compléter sa collection de pavés…dans son sauna. «Nous avions trois fenêtres mais seulement deux pavés. Celui-là ira dans la place libre à côté des deux autres».  Quant à savoir où poser un quatrième pavé en cas de nouveau succès, le Suisse  admet «qu’il faudra construire un nouveau sauna». Avec un peu de chance, les travaux commenceront dès l’année prochaine.