Ligue Europa: Les Girondins en territoire ennemi dans leur stade

FOOTBALL Les clubs français ont l'habitude de ne pas se sentir chez eux lorsqu'ils reçoivent Benfica...

A Bordeaux, Marc Nouaux

— 

A chaque match de Benfica contre un club français, la communauté portugaise se déplace en nombre dans les stades.
A chaque match de Benfica contre un club français, la communauté portugaise se déplace en nombre dans les stades. — P. DUARTE / AP / SIPA

Fait rare cette saison, le stade Chaban-Delmas va être copieusement garni ce jeudi soir à 21h05 pour un match de Ligue Europa. Mais ce ne sont pas forcément les fans girondins attirés par un 8e de finale retour (1-0 pour Benfica à l’aller) qui se rendront en masse au stade. C’est plutôt la communauté portugaise qui va se déplacer en nombre pour soutenir le Benfica Lisbonne. Neuf bus arriveront de Paris et les Portugais de Bordeaux se rejoindront pour une marche en direction de Chaban avant le match. Un phénomène «d’invasion» remarqué à chaque fois que des clubs portugais ou turcs viennent jouer en France.


L’ancien Lillois, Grégory Tafforeau, a connu cette situation lors d’un match de Ligue des Champions joué en 2005 au Stade de France contre Benfica. «On n’était pas vraiment à domicile parce qu’on était au Stade de France, raconte t-il. Mais on avait vraiment l’impression d’être chez eux, dans leur stade. Comme on s’y était préparé, il n’y a pas eu d’effet de surprise mais c’était une chaude ambiance. Les Portugais sont comme les Turcs lorsqu’un de leurs clubs vient jouer en France. Il y a des grosses communautés et ils connaissent bien le foot, ce sont des passionnés. Les supporteurs français devraient s’en inspirer. S’il y a 10 000 Portugais et 30 000 Français dans un stade, ce sont les Portugais qui font le plus de bruit.»

«Si Bordeaux fait une grosse entame, on entendra moins les Portugais»

Bruno Basto, ancien latéral gauche des Girondins et de Benfica, qui sera présent dans les tribunes ce jeudi pour supporter… les deux équipes, se souvient aussi de ce type d’ambiance. «Une fois, on était venu jouer en amical avec Benfica contre Bordeaux et il n’y avait que des supporters portugais. C’est normal ici car on est dans une région assez proche du Portugal. En 2000-2001 aussi, avec les Girondins, on avait affronté le Celtic Glasgow et le stade était à moitié rempli d’Ecossais. Ca fait vraiment bizarre.» Interrogé sur la possibilité d’avoir son propre stade acquis à la cause de l’adversaire, le capitaine, Jaroslav Plasil, ne se montre pas si catégorique. «On va voir comment va être l’ambiance, se contente t-il de répondre. On a un peu de retard donc il faudra faire un grand match pour passer.»

Langue de bois pour le coup, le Tchèque pourra tout de même retenir le conseil de Bruno Da Rocha, petit frère de l’ex-Nantais, Frédéric, et ancien joueur des Girondins. «Ca va dépendre des quinze ou vingt premières minutes, annonce t-il. Si Bordeaux fait une grosse entame de match, le public peut vite s’enflammer et on entendra beaucoup moins les Portugais.» Et même si Da Rocha pense qu’il va y avoir «beaucoup d’écharpes rouges dans le stade», cela ne veut pas pour autant dire que ce sera mission impossible pour les Bordelais. «En tant que pro, on doit être capable de ne pas se laisser impressionner estime Tafforeau. Et on est souvent meilleur dans l’adversité.» Et comme Bordeaux est souvent plus à l’aise à l’extérieur qu’à domicile cette saison, le grand nombre de Portugais dans les travées de Chaban-Delmas pourrait même être un avantage.