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Mondial de hand: Cédric Sorhaindo doit monter en grade

Mondial de hand: Cédric Sorhaindo doit monter en grade

HANDBALLLe pivot tricolore est amené à prendre une autre dimension avec les retraites prochaines de Didier Dinart et Bertrand Gille...
Julien Laloye, à Barcelone

Julien Laloye, à Barcelone

De notre envoyé spécial à Barcelone,

En équipe de France, tout le monde l’appelle «tchouf », même l’entraîneur Claude Onesta. A vrai dire, on ne sait pas trop d’où vient le surnom, ni ce qu’il signifie. En revanche, celui choisi par Didier Dinart pour parler de son compère de galère n’a pas besoin de traduction: «mini-moi». Il fait référence au temps où Cédric Sorhaindo apprenait les rudiments de la défense auprès de Maître Didier. Sauf que le surnom mériterait une petite actualisation. «Maxi-moi» serait pas mal, même s’il rendrait à peine justice à l’activité du pivot tricolore des deux côtés du terrain depuis le début des championnats du monde.

«Les responsabilités, ça ne se revendique pas»

Le joueur du Barça, utilisé presque une heure tous les soirs par le staff, a-t-il conscience de son statut en bleu? «Non, je m’arrête pas sur ce genre de choses répond-il l’air sincère. Je continue à faire ce que j’aime faire, c'est-à-dire jouer, aider, me sacrifier pour mes coéquipiers. Les responsabilités ça se revendique pas, ça se donne avec le temps et il faut faire avec.» Ça tombe bien, il va devoir rapidement faire avec, puisque Bertrand Gille a sans doute disputé sa dernière compétition avec les Bleus à Londres et que Didier Dinart s’apprête à rendre son tablier.

En cachette ou pas loin, ça fait d’ailleurs un moment que «Tchouf» travaille ce nouveau rôle de patron de la défense du côté de Barcelone. «Notre spécialiste défensif s’est blessé, alors le coach m’utilise tout le match derrière. J’ai été forcé de prendre plus de responsabilités. Et puis là-bas, il n’y a pas de petits entraînements, tu es mis sous pression tout le temps. Je suis devenu beaucoup plus mature.» Un discours qu’il ne manque plus qu’à transposer en sélection, où le bonhomme se cache encore un peu trop derrière les anciens.

«Je sais qu’après Didier, ce sera à moi de guider tout le monde»

Sa prestation XXL face à l’Allemagne en défense comme en attaque – Au moins six penalties provoqués dans le match grâce à un savoir-faire dans la prise de position presque sans égal à son poste - aurait pu l’autoriser à pousser une petite gueulante. Mais Cédric Sorhaindo, peut-être le meilleur français depuis le début des championnats du monde avec Nikola Karabatic, n’est pas de ce genre-là. «Moi, je suis-là pour aider l’équipe de France à retrouver la défense qu’on lui a connue pour gagner contre l’Islande, c’est tout. Mais je sais qu’après Didier, ça va être à moi de guider tout le monde dans les années à venir.» Il sera temps, en effet.