Mondial de hand: Daouda Karaboué, la doublure passe son tour

HANDBALL Le gardien toulousain tire sa révérence après dix ans passés dans l'ombre de Thierry Omeyer...

Julien Laloye

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Daouda Karaboué, le 17 janvier 2011 à Lund (Suède)
Daouda Karaboué, le 17 janvier 2011 à Lund (Suède) — Y.Herman / REUTERS

De notre envoyé spécial à Granollers (Espagne)

Il a choisi le moment et l’endroit comme il a mené sa carrière. Sans rien prévoir et sans rien attendre de personne, à l’issue d’une rencontre anonyme dans l’histoire de l’équipe de France et dans la sienne. Daouda Karaboué est comme ça. «Je ne suis pas un acteur, je dis des choses spontanément. Quand j’ai annoncé que ma carrière s’arrêterait là, après le Monténégro, ce n’était pas du tout calculé.»

«J’ai atteint les objectifs que je m’étais fixés»

Bien sûr, on se doutait qu’à 37 ans passés, le gardien toulousain n’allait pas rester accroché à l’équipe de France jusqu’à ce que mort s’en suive. Mais quand même, annoncer sa retraite après une prestation énorme face aux Monténégrins -11 arrêts et deux passes décisives dignes d’un des meilleurs quarterbacks de NFL- révèle un sens du timing étonnant. Comme un dernier contre-pied de la part d'un joueur souvent en décalage durant sa carrière avec les Bleus.

La poisse d’être né en même temps que Thierry Omeyer, peut-être le meilleur gardien de tous les temps, même si «Doudou» refuse jusqu’au bout d’y voir de la malchance. «Jouer avec un gardien comme Titi et savoir que quoi qu’il arrive il aurait plus de temps de jeu que moi, ça m’a donné envie de me battre, jamais d’abandonner. J’ai atteint les objectifs que je m’étais fixés: exister et tenir le plus longtemps possible à ce niveau-là.» Mais quand on creuse un peu, l’amertume n’est pas si loin: «Est-ce que j’ai eu la reconnaissance que je méritais? Ça fait longtemps que j’ai arrêté d’attendre qu’on reconnaisse mon talent. Même si je n’ai pas toujours eu le temps de jeu que j’aurais souhaité, il a été décisif par moments.»

«C’était clair qu’après ce Mondial, on ferait appel à la relève»

Décisif, mais pas assez pour convaincre Claude Onesta d’inverser la hiérarchie sur un grand match, comme la finale du Mondial 2011, où un Thierry Omeyer pour une fois à côté de la plaque était resté sur le terrain. Invité à commenter la décision de son gardien, l’entraîneur des Bleus a d’ailleurs fait le service minimum en termes d’hommage: «Daouda est lucide, c’est bien. Je préfère quand je n’ai pas à le dire à leur place. C’était clair pour nous qu’après ce Mondial, on ferait appel à la relève. Sa sélection ne semblait pas forcément légitime, il a démontré sur les deux premiers matchs qu’il était encore au niveau.» L’unanimité attendra encore. Pour de bon cette fois.