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« Tekken 8 » VS « Street Fighter », le duel des jeux de combat

« Tekken 8 » VS « Street Fighter », le duel des jeux de combat

JEUX VIDEOVendredi sort le huitième épisode de la série « Tekken ». La série veut continuer de peser parmi les jeux de combat, comme son concurrent Street Fighter
Quentin Meunier

Quentin Meunier

L'essentiel

  • Tekken 8 apporte un soin particulier à l’accessibilité. Des commandes simplifiées et un mode solo très didactique permettent même aux plus néophytes de s’y essayer.
  • Cet épisode emprunte quelques mécaniques à ses concurrents, comme Street Fighter 6, et se les réapproprie pour provoquer des combats agressifs.
  • La série, peut-être moins connue du très grand public, marque un retour attendu. En trente ans, la saga a aussi su renouveler et rajeunir sa base de joueurs.

Le jeu vidéo est fait de grandes rivalités : Mario contre Sonic, FIFA contre PES, Call of Duty contre Battlefield. L’univers des jeux de combat, même s’il est moins saturé que dans les années 1990, ne fait pas exception. Et Tekken 8, disponible ce vendredi, compte bien remporter le match qui l’oppose à Street Fighter 6, sorti en juin 2023 (et dans une moindre mesure, Mortal Kombat 1, sorti en septembre 2023). Neuf ans après le précédent jeu et pour les trente ans de la saga, Tekken a fait le plein de mises à jour. Cet épisode fait tout ce qui est en son pouvoir pour être accessible au nouveau venu.

Round 1 : le solo

On ne va pas se mentir, le scénario n’est pas le cœur d’un jeu de combat. Toutefois, ici, le mode histoire permet de raccrocher les wagons de l’intrigue improbable de cet univers (une sombre histoire de famille sur quatre générations, tous possédés par des démons), grâce à de nombreuses cinématiques.

Un autre mode solo, nomme « Arcade Story », permet au joueur d’incarner un avatar qui se lance à l’assaut du Tekken World Tournament, le tournoi officiel de Tekken dans la vraie vie. Par ce biais, le jeu fournit quelques didacticiels sur les commandes basiques, mais aussi sur la meilleure façon de se défendre, de réaliser des prises ou d’initier les combos aériens signatures de la série. Sous réserve d’un minimum de dextérité, n’importe quel débutant peut apprendre les premiers réflexes des jeux de versus fighting. Le tout fait penser au « World Tour » de Street Fighter 6, où l’on jouait aussi un avatar personnalisable qui apprenait les styles des différents personnages de la série.

Round 2 : les combats

En combat, une pression de la gâchette permet de basculer entre un mode de contrôle classique et un mode « spécial ». Dans celui-ci, les touches correspondent à des combos ou des combinaisons de boutons. Exit les quarts de cercle avec le joystick ou les combinaisons de boutons compliquées. Là encore, on pense au changement de style entre « Classique », « Moderne » et « Dynamique » du dernier Street Fighter, qui permettait à n’importe qui de sortir des coups compliqués sur la pression d’un simple bouton.

Dernier élément, le jeu est fait pour favoriser l’agressivité et les combats au corps à corps. Un système de « Heat » permet au personnage de porter un coup puissant qui prolonge ses combats, d’augmenter ses dégâts et de débloquer l’accès à un coup spécial [dévastateur]. « Dans Tekken 7, on voyait des gens faire des petits droite-gauche pour garder l’adversaire à distance », analyse Marie-Laure Norindr, alias « Kayané ».

Plutôt fan de Soul Calibur, encore une autre série de jeux de combats, la joueuse professionnelle a participé à des compétitions sur de très nombreux jeux de combat, dont Street Fighter et Tekken 7. « Le Heat permet de dynamiser les combats, poursuit-elle. Il n’y a plus autant besoin de se concentrer sur le positionnement, et les nouveaux joueurs sont plus libres de se concentrer sur l’attaque. »

Final round : l’estime

Si la franchise Street Fighter est peut-être un peu plus connue du public, c’est bien Tekken qui mène le match sur le plan des ventes. En quatre ans, Tekken 7 s’était écoulée à 7 millions d’exemplaires, soit 1,8 million de plus que Street Fighter V sur une période similaire (entre sa sortie en 2016 et 2020).

La franchise Tekken incarne la fin des années 1990 et des années 2000. « Ce jeu a toujours eu une place importante pour moi, raconte par exemple Kayané. Mes deux grands frères étaient champions de Tekken, et ils m’avaient entraîné pour que je puisse battre leurs potes. »

La série a réussi à se construire une base de joueurs. « La communauté Tekken est sympa et surtout, il y a un storytelling de fou, raconte la joueuse pro. Ce sont souvent de très jeunes joueurs. Il y a aussi des joueurs professionnels comme Arslan Ash, originaire du Pakistan, qui ont vu leur vie changée grâce à Tekken. » Elle ajoute : « Je pense aussi qu’il y a un côté plus jeune : le jeu est en 3D, avec des graphismes un peu plus réalistes et moins stylisés que Street Fighter. D’autres jeux de combat ont plus de mal à renouveler leur public. »

Bilan : Tekken 8 a beaucoup d’ADN commun avec les autres jeux de combat de son époque, donc difficile de les partager. « Tekken, c’est le meilleur de Street Fighter et de Mortal Kombat », résume Kayané. Ce qui est sûr, c’est que derrière les apparences, le jeu fait beaucoup pour être accessible à tous tout en renouvelant un peu sa propre formule. De quoi remettre une pièce dans la borne d’arcade, en attendant de voir comment sa scène e-sport va s’organiser.