Jeux vidéo : L’industrie française envisage d’être « leader » en Europe d’ici cinq ans

AMBITION La filière du jeu vidéo réclame la création d’un ministère du Numérique « de plein exercice »

20 Minutes avec agences
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Une manette de jeux vidéo (illustration).
Une manette de jeux vidéo (illustration). — REED SAXON/AP/SIPA

Les principaux syndicats patronaux du jeu vidéo ont plaidé mercredi pour que la France, troisième en Europe en chiffre d’affaires, devienne « leader » européen du secteur d’ici cinq ans. Ils demandent aux pouvoirs publics d’en faire une « priorité industrielle ». Décliné en quatre grandes propositions, le plaidoyer du Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (Sell) et du Syndicat national du jeu vidéo (SNJV) appellent à un soutien « explicite » des pouvoirs publics, alors que le secteur se plaint d’un « déficit de considération » au moment des grands arbitrages interministériels.

A quelques semaines de l’élection présidentielle, la filière jeu vidéo, rattachée à la fois au ministère de la Culture et au ministère de l’Economie, demande « un lead clair » et renforcé de Bercy, à travers notamment la création d’un ministère du Numérique « de plein exercice ». Selon eux, la France a vocation à devenir le pays le plus attractif du secteur « au niveau mondial » et doit favoriser l’émergence de formations « accessibles à toutes et tous ».


« Il y a une forme d’urgence mais ce n’est pas trop tard »

Avec 5,3 milliards d’euros de chiffres d’affaires en 2020 (+11,3 % en un an), le jeu vidéo est la première industrie créative et culturelle en France loin devant le cinéma ou la musique, selon une étude du Sell. Malgré des champions de taille mondiale comme Ubisoft et l’explosion (+92 %) du nombre d’emplois sur 10 ans, la France reste toutefois devancée en Europe par le Royaume-Uni et l’Allemagne. « L’industrie du jeu vidéo connaît une croissance continue depuis des décennies et la France dispose des talents et des entreprises renommés mondialement. Pour autant, sans plan ambitieux, nous risquons le déclassement face à la concurrence internationale accrue », juge Lévan Sardjevéladzé, président du SNJV.

Dans un contexte d’hyper-concentration du marché vidéoludique mené par les mastodontes du secteur, à l’image de l’acquisition record d’Activision-Blizzard par Microsoft pour près de 70 milliards de dollars, « il y a une forme d’urgence pour que le jeu vidéo français se montre très attractif », ajoute Nicolas Vignolles, délégué général du Sell. « Mais ce n’est pas trop tard », estime-t-il.

Par ailleurs, les syndicats appellent à s’appuyer sur le plan d’investissements de 30 milliards d’euros sur cinq ans « France 2030 », annoncé par le président Emmanuel Macron en octobre, pour développer les technologies d’avenir pour la filière, à l’image d’un plan « France Métavers ». « Si on transpose » au secteur du jeu vidéo « un peu les mêmes recettes » qui ont fait le succès de la « French Tech », l’écosystème des jeunes pousses numériques françaises, « on peut avoir un potentiel d’emplois et de croissance gigantesque », souligne encore Nicolas Vignolles.