Sega se retire du marché des bornes d’arcade après plus de cinquante ans d’activité

JEUX VIDEO La firme japonaise avait été pionnière sur le marché des salles d’arcade dans les années 1960

Anaëlle Lucina pour 20 Minutes
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Les bornes d?arcade de Sega, c?est fini
Les bornes d?arcade de Sega, c?est fini — Geeko

Après 56 ans d’existence, Sega a annoncé son retrait du marché des machines d’arcade dans son pays d’origine, le Japon. Ainsi, depuis le 29 janvier, la société Genda Inc. a racheté tous les terminaux Sega actuellement en service et en état de marche.

Un projet né dans les années 1950

L’histoire des salles d’arcade a débuté à la fin des années 60. Très rapidement, la société Sega est devenue l’un des pionniers du marché des salles d’arcade. Et ce, notamment grâce à son hérisson bleu emblématique, Sonic. Dès le début des années 1990, le Japon comptait près de 1000 salles d’arcade Sega.

Pour rappel, l’entreprise Sega a été créée sous le nom de Service Games dans les années 1950. Dans un premier temps, sa mission était de fournir des machines de divertissement aux bases militaires américaines. Mais en 1966, la société grandit et sort Periscope, sa première borne électromécanique.

Dans les années 1970 et 80, au moment du boom des machines d’arcade de jeux vidéo, Sega devient l’une des principales entreprises grâce à une série de jeux à succès. À savoir, Daytona USA, After Burner, Virtua Fighter, ou encore OutRun. Plus tard, la Genesis Mega Drive, la fameuse console de Sega, deviendra un best-seller en Occident. Sa sortie a d’ailleurs mis fin à la période de domination de  Nintendo.

Au fil du temps, les commercialisations de Sega ont de moins en moins bien fonctionné et l’entreprise est finalement devenue un éditeur tiers.

SEGA tire sa révérence

SEGA Entertainment s’appellera désormais Genda Gigo. De leur côté, les salles d’arcade du Japon vont devenir des centres Gigo.

En 2020, lorsque l’impact de la pandémie s’est fait sentir, Sega avait déjà vendu à Genda Inc près de 85,1 % de ses parts de marché. À savoir que Genda Inc est une filiale de Sega Entertainment. Fin janvier, la société a finalement vendu ses parts restantes pour se retirer complètement de l’activité.

En clair, Sega Entertainment ne gère que des salles d’arcade. La branche de la société qui fabrique et distribue ses machines d’arcade est donc différente et n’est pas concernée par ce rachat. Ainsi, il faut comprendre que Sega ne ferme pas les salles d’arcade, mais vend plutôt ses parts. Les jeux Sega seront toujours disponibles dans les salles d’arcade et les salles d’arcade seront rebaptisées Gigo.

L’importance de ces lieux dans la culture du jeu vidéo

Pour justifier cette décision, Sega pointe du doigt le désintérêt croissant des joueurs et la crise économique liée à la pandémie. Deux variables qui auraient accéléré le processus d’un marché rattrapé par les nouvelles technologies.

En effet, avant la pandémie, le marché des arcades était déjà sur une pente descendante, les appareils beaucoup plus performants gagnant de plus en plus de terrain. Par exemple, le secteur des salles d’arcade a connu un lent déclin en raison de la montée en puissance des systèmes de salon virtuel. Aujourd’hui, seule une fraction des salles d’arcade qui fonctionnaient dans les années 1980 et 90 est toujours en activité. Selon un livre blanc officiel, en 2019, le Japon ne comptait plus que 4.022 arcades à travers le Japon, contre 26.573 en 1986.

La crise du coronavirus a ensuite été dévastatrice pour les salles d’arcade. En effet, il s’agit d’une activité qui nécessite que de nombreux joueurs différents se réunissent dans un même lieu et touchent les mêmes boutons, bornes et machines les uns après les autres. Malheureusement, les confinements successifs ne leur ont pas permis d’accueillir du public, ce qui a généré un gouffre financier pour leurs exploitants.