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Le nouvel algorithme de Google menace-t-il (vraiment) certains sites Web ?

« Google est cassé » : Des sites Web se disent « menacés » par un changement d’algorithme

RESETDes propriétaires de sites s’inquiètent d’une baisse massive du nombre de visites depuis la mise à jour
Olivier Mimran

O.M. avec AFP

De petites causes mais de grands effets… Après que Google a, en début d’année 2024, modifié son algorithme de recherche et son filtre antispam pour se débarrasser des contenus de mauvaise qualité, de petits sites internet accusent le géant américain de les avoir « invisibilisés ».

Plusieurs propriétaires de sites ont en effet tiré la sonnette d’alarme sur les réseaux sociaux, s’inquiétant d’une baisse massive et inédite du nombre de visites depuis que la mise à jour s’est achevée – fin avril 2024 –, laquelle pourrait les conduire à des licenciements, voire des fermetures.

Du podium au Néant

Parmi les malchanceux, Gisele Navarro, une Argentine de 37 ans, qui dirige avec son mari HouseFresh, un comparateur de purificateurs d’air lancé en 2020 : sur leur site, aucune publicité ni placement de produit. Si un test n’est pas concluant, les évaluateurs l’indiquent clairement aux visiteurs. Ils sont rémunérés lorsque des utilisateurs achètent un produit après avoir été redirigés vers Amazon.

Mais la mise à jour de Google a tout changé. « Nous avons réalisé que nous étions passés de la première place – car nous sommes parmi les seuls à réellement tester les produits – à ne plus apparaître du tout », a expliqué Gisele Navarro à l’AFP.

Selon elle, HouseFresh serait passé de 4.000 visites par jour provenant de la recherche Google à environ 200. La baisse est telle que Gisele Navarro assure qu’on lui a conseillé de « fermer son site » et de « tout recommencer avec un nouveau nom de domaine ».

Coup de boost vs coup de frein

Comme elle, de nombreux sites s’agacent du manque de clarté de Google sur la façon dont il classe les résultats.

Le géant d’internet est particulièrement discret au sujet de ses algorithmes, à tel point qu’une industrie, connue sous le nom d'« optimisation pour les moteurs de recherche », s’est développée pour essayer de décortiquer l’algorithme afin d’obtenir davantage de clics.

La dernière mise à jour a aussi semé la confusion parmi les experts du référencement, qui tentent de comprendre pourquoi certains sites ont été « boostés » alors que d’autres se sont vus « rétrogradés ».

Une amélioration, selon Google

Dans un mail à l’AFP, Google a affirmé que ce changement avait été conçu de manière à fournir aux utilisateurs « moins de résultats qui donnent le sentiment d’avoir été pensés pour les moteurs de recherche ».

« Les seules modifications que nous avons implémentées sont celles qui, selon nous, améliorent de manière significative les résultats pour les internautes. Et nous pensons que ces mises à jour ont été utiles », souligne l’entreprise américaine.

Pourtant, dans un billet de blog largement partagé en mai, Gisele Navarro a indiqué que les personnes recherchant des avis sur des produits se voyaient de plus en plus proposer des publicités et des contenus qui semblaient générés par intelligence artificielle ou optimisés pour le référencement.

Une mise en avant de Reddit et Quora

Autre élément qui ressort davantage depuis la mise à jour : le contenu provenant d’utilisateurs de sites communautaires comme Reddit et Quora. L’entreprise a défendu cette approche en affirmant que « les gens veulent souvent apprendre des expériences des autres » et qu’elle effectuait « des tests rigoureux pour nous assurer que les résultats sont utiles et de bonne qualité ».

Mais le personnel d’un site d’information européen affirme que ses articles sont désormais régulièrement déclassés au profit de contenu, souvent peu pertinent, provenant de Reddit. Le patron du site, qui a souhaité conserver l’anonymat, a déclaré que les renvois depuis Google ont chuté de 20 à 30 % depuis la mise à jour et que des coupes budgétaires seraient inévitables.

Mode panique déclenché

Newsletters, podcasts… Toutes les entreprises interrogées par l’AFP ont indiqué qu’elles cherchaient d’urgence d’autres moyens pour attirer le public afin de ne plus dépendre de la recherche Google.

Gisele Navarro, qui a dû réduire considérablement son équipe, s’est tournée vers des formats vidéo et des newsletters. Malgré cette expérience, elle reste optimiste sur l’avenir du Web – encouragée par de nombreux messages de soutien et l’augmentation du nombre de renvois depuis des moteurs de recherche alternatifs comme DuckDuckGo.

Notre dossier « Google »

« Toutes les connaissances de l’humanité sont sur internet et ce n’est pas rien », dit-elle, philosophe. « Je ne veux pas y renoncer simplement parce que Google est cassé ».