Etats-Unis : L’application de rencontres Grindr veut entrer en Bourse

LGBTQ+ La plateforme, utilisée par environ 11 millions de personnes tous les mois, espère ainsi être valorisée à 2,1 milliards de dollars

20 Minutes avec AFP
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Le logo de l'application Grindr sur un smartphone.
Le logo de l'application Grindr sur un smartphone. — SOPA Images

Grindr veut économiquement passer à la vitesse supérieure. L’application de rencontres​ spécialisée dans le public LGBTQ+ a annoncé lundi son intention d’entrer en Bourse, une opération qui la valoriserait à 2,1 milliards de dollars.

La plateforme, utilisée par environ 11 millions de personnes tous les mois, compte ainsi lever 384 millions de dollars pour investir dans son infrastructure et ses outils de monétisation, pour attirer et retenir plus de personnes, et diversifier ses revenus.

Principalement des utilisateurs de moins de 35 ans

« Nous avons une marque mondiale présente quasiment partout dans la communauté que nous desservons, une taille impressionnante, un taux d’interaction de nos utilisateurs et une marge opérationnelle parmi les meilleurs du secteur, et nous commençons tout juste notre parcours en termes de monétisation et de croissance », a souligné Jeff Bonforte, le patron de Grindr.

La société californienne a décidé de passer par une Spac (Special purpose acquisition company), un véhicule financier déjà coté qui fusionne avec une entreprise pour lui permettre d’entrer en Bourse plus facilement que via une introduction classique. Elle met en avant sa « mission au service de la communauté LGBTQ + » et son potentiel en indiquant que son marché cible « grandit rapidement », et que l’application ne touche « encore que 2 % » de ce marché. Elle note aussi que 80 % des profils appartiennent à des personnes de moins de 35 ans.

Des conflits dans plusieurs pays

Grindr fait cependant face à des conflits avec les autorités de différents pays. La société américaine a récemment fait appel d’une amende record de 6,3 millions d’euros que lui a infligée la Norvège pour partage illégal de données personnelles « sur ses utilisateurs à des tiers pour du marketing ciblé ». Dans d’autres pays, l’application est censurée. En janvier, elle a ainsi disparu des magasins d’applis en Chine, où le mariage entre personnes du même sexe est interdit et les questions LGBTQ restent tabous, même si l’homosexualité n’y est plus un crime depuis 1997.

Fondée en 2009, Grindr a un temps appartenu au spécialiste chinois des jeux en ligne Kunlun Tech, qui avait dû accepter de la revendre à une firme américaine en 2020, après des pressions des Etats-Unis qui invoquaient des raisons de sécurité nationale. Une agence fédérale craignait en effet que des utilisateurs américains ne soient victimes de chantage si le gouvernement chinois exigeait des données (orientation sexuelle, séropositivité…) à Kunlun Tech.