« On veut redonner le sourire aux gens »… Comment « Le Média Positif » veut recréer de la joie de vivre

SOLIDARITE Hugues de Rosny et Emma Rouvet, deux étudiants âgés de 21 ans, ont créé « Le Média Positif », un « flux d’informations positives » qui cartonne sur les réseaux sociaux

Hakima Bounemoura
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Hugues de Rosny et Emma Rouvet, créateurs du « Média Positif ».
Hugues de Rosny et Emma Rouvet, créateurs du « Média Positif ». — Le média positif
  • Le compte Twitter « Le Média positif », suivi par près de 220.000 personnes, a été créé en septembre 2020 par deux étudiants âgés de 21 ans.
  • A travers quatre thématiques (environnement, société, économie et culture), Hugues de Rosny et Emma Rouvet publient chaque jour des contenus légers et positifs, « à contre-courant du flux d’actualités négatives ».
  • « Avec la crise sanitaire, les gens ont besoin d’avoir de bonnes nouvelles, d’avoir de petits moments de répit, des infos qui redonnent espoir. Et c’est ce qu’on essaye de faire avec des petites vidéos joyeuses, solidaires et inspirantes », expliquent les deux étudiants.

Si votre moral est en berne, c’est un compte qui vous remettra sûrement du baume au cœur… « Le Média Positif », condensé de bonnes nouvelles, cartonne sur les réseaux sociaux depuis quelques mois. Ce compte Twitter – aujourd’hui décliné sur Facebook, TikTok,  Instagram et LinkedIn – a été créé en septembre 2020 par Hugues de Rosny et Emma Rouvet, deux étudiants âgés de 21 ans. Mêlant « actualités positives et de solutions », ce compte créé dans le but « de chasser la morosité ambiante » qui s’est installée à cause de  la crise sanitaire, n’en finit plus d’accroître son audience.

L’idée de créer ce « flux d’informations positives » sur les réseaux sociaux est née après le premier confinement. « On a dû rester confinés comme tout le monde, dans nos petits appartements d’étudiants ou chez nos parents. Tous les jours, on voyait défiler les mauvaises nouvelles,  les chiffres du Covid, le nombre de morts… Tout le monde ressassait ces infos sur les réseaux sociaux, on était pris dans une bulle de négativité. Et c’est là qu’on s’est dit qu’il ne fallait pas sombrer dans la déprime, mais plutôt mettre en lumière les choses positives qu’on voyait aussi tout autour de nous », expliquent à 20 Minutes Emma Rouvet et Hugues de Rosny, étudiants en Master 1 Administration publique à Sciences Po Paris.


« On a tous besoin d’avoir de bonnes nouvelles »

« Pour redonner le sourire aux gens », les deux étudiants décident alors de lancer sur Twitter, alors que le deuxième confinement se profilait à l’automne 2020, « Le Média positif ». « C’est véritablement en janvier 2021 que notre compte a décollé, quand les gens ont compris qu’on ne sortait toujours pas de cette crise sanitaire, sociale et économique », précise Hugues. Rapidement, les bonnes nouvelles qu’ils diffusent quotidiennement trouvent leur audience. Les deux étudiants sont même encouragés par des personnalités – comme  l’animateur Denis Brogniart, l’actrice Leïla Bekhti, le journaliste Laurent Delahousse ou encore le rugbyman Thierry Dusautoir – qui repartagent et likent leurs publications. « Ça a fait un effet boule de neige. Grâce au phénomène de viralité propre à Twitter, on a explosé le nombre de nos abonnés. Et ça continue encore aujourd’hui », explique Hugues.

A travers quatre thématiques (environnement, société, économie et culture), les deux étudiants publient ainsi chaque jour des contenus « à contre-courant du flux d’actualités négatives ». « Avec la crise sanitaire que l’on vit, les gens ont besoin d’avoir de bonnes nouvelles, d’avoir de petits moments de répit, des infos qui redonnent espoir. Et c’est ce qu’on essaye de faire avec des petites vidéos joyeuses, solidaires et inspirantes », ajoute Emma. Comme celle récemment postée où l’on voit un homme aider  une personne âgée en fauteuil électrique, bloquée dans la rue sous la pluie ou encore ce bébé malentendant depuis sa naissance,  qui entend pour la première fois la voix de sa mère. « On a bien conscience que tout n’est pas rose. Mais ce qu’on veut montrer, c’est que derrière chaque problème, il y a une solution. Les médias traditionnels préfèrent parler « des trains qui arrivent en retard », nous on est à contre-courant. Notre objectif, c’est d’essayer de rééquilibrer tout ça… On veut aussi encourager les gens à agir, et c’est pour cela qu’on met souvent en avant les petits héros du quotidien », détaille Hugues.


« Une communauté positive » avec près de 220.000 abonnés sur Twitter

Aujourd’hui, le compte séduit de plus en plus. Egalement décliné sur les autres plateformes – et même aujourd’hui via un site Internet –, « Le Média positif » compte aujourd’hui plus de 270.000 abonnés, dont près de 220.000 rien que sur Twitter. « Notre objectif, en lançant "Le Média Positif", c’était aussi de créer « une communauté positive », un environnement pour redonner le sourire à tout le monde. De plus en plus de personnes rejoignent aujourd’hui notre "team trèfle" [emblème du compte]… Et on se dit qu’on peut agir concrètement dans le quotidien des gens », explique Emma. «   Un média plus traditionnel considère les personnes qui les suivent comme des abonnés, nous on les voit véritablement comme une communauté », précise Hugues.

Début décembre, les réactions engendrées à la suite de la publication d’un de leurs tweets ont donné lieu à un vaste élan de solidarité. « Nous avons relaté l’histoire de Fabrice, un SDF, qui a risqué sa vie pour sauver celle d’un commerçant de 71 ans piégé à Lyon dans son magasin qui était en train de brûler. L’info est arrivée jusqu’aux oreilles du préfet du Rhône, qui l’a récompensé d’une médaille, et surtout lui a trouvé un logement », expliquent les deux étudiants, toujours en contact avec l’entourage du sans-abri. D’autres initiatives sont également nées « des jolies histoires » qu’ils ont pu partager sur les réseaux sociaux, comme la mise en place d’une collecte d’objets  pour le Noël des plus démunis…


Pour dénicher toutes ces infos qui redonnent le moral aux internautes, les deux étudiants de Sciences Po décortiquent tous les jours la presse quotidienne régionale, voire même locale, et les médias internationaux. « Cela nous prend 4 à 5 heures par jour. C’est un peu rock’n’roll pour nous de jongler entre les cours, les examens et le développement du compte. Mais ça nous apporte quelque chose d’inestimable, ça nous rend juste plus heureux au quotidien ». Leur objectif, c’est désormais de se concentrer sur les contenus, qu’ils souhaiteraient davantage développer en réalisant des reportages sur le terrain. Même si pour l’instant aucun de leurs comptes (ni leur site Internet) n’est monétisé, ils souhaiteraient prochainement lancer  une chaîne YouTube pour y animer quotidiennement un « JT positif ».