TIkTok : Franc et désarmant, Handitim fait tomber les tabous du handicap

ET ALORS Avec un sincérité rafraîchissante, Timothé Griseri, aka Handitim sur TikTok ou Instagram, répond sans tabou aux questions sur son handicap

Hélène Ménal

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Timothé Griseri, alias Handitim sur les réseaux sociaux.
Timothé Griseri, alias Handitim sur les réseaux sociaux. — Handitim - Instagram
  • Timothé Griseri, 20 ans, est handicapé de naissance et préfère l’humour à l’apitoiement.
  • Sur les réseaux sociaux, le Toulousain est devenu Handitim, qui répond sans détour aux questions, pratiques ou personnelles, sur son handicap.
  • Il vient de créer son association pour s’incruster avec son fauteuil et sa bonne humeur devant d’autres assemblées, moins virtuelles.

Quand il débarque avec son fauteuil dans une classe de collégiens, c’est lui qui assoit tout le monde. Lorsqu’il affirme par exemple qu’il ne voudrait pas de l’éventuelle « baguette magique » qui le rendrait valide. « Parce que mon handicap, c’est ce qui fait ma force », assure Handitim, celui de TikTok ou Instagram, qui surmonte avec humour ses difficultés d’élocution en se lançant dans un rap à l’occasion.

Le Tim des réseaux sociaux s’astreint à un rythme de plusieurs vidéos quotidiennes et répond sans tabou, face caméra, à toutes les questions. Même sur la sexualité.  « Je ne me défile pas », dit celui qui a fait de sa sincérité un style. « Je n’aime pas me lamenter sur mon sort », assure-t-il.

Questions pratiques ou intimes

Timothé Griseri, 20 ans, en situation de handicap à cause d’une naissance prématurée, a pourtant passé dix-neuf années de sa vie en institution. Et, il l’avoue, il n’a pas toujours été aussi philosophe. « Enfant, j’avais beaucoup de mal à accepter mon handicap, confie-t-il. Puis vers 15, 16 ans je me suis dit qu’il fallait surmonter ça et la belle aventure des réseaux sociaux a commencé ». Comme « une fenêtre » qui s’est ouverte. Dans les deux sens. Les followers se passionnent souvent pour les aspects pratiques de sa vie – pour la rampe d’accès à sa voiture, l’aménagement de sa chambre chez ses parents, ses cours de boxe adaptée – mais ils le titillent aussi parfois sur ses sentiments, ses réactions aux situations difficiles, son côté rebelle gentil. Qui pardonne quand on se moque mais qui sait aussi remettre avec le sourire les gens à leur place.

Tim est comme tous les jeunes de son âge. Il vit les yeux rivés sur le compteur de ses followers mais sait aussi ce que cette popularité peut avoir de volatil. Tant que ça dure, il veut être « porteur d’une positivité et d’un message d’espoir » sur le handicap. Mais il a déjà prévu de rouler sur d’autres chemins grâce à la création de sa toute nouvelle association Handitim. En milieu scolaire, en entreprise, il veut démontrer « qu’on peut être handicapé et avoir des activités sportives et culturelles ». Prouver aussi aux « personnes qui disaient » qu’il ne ferait jamais rien dans la vie « qu’elles se sont trompées ». En beauté.