Smartphone : Freedom Phone mise sur la liberté d’expression mais se montre très secret

DATA La communication autour du Freedom Phone est très engagée contre les Big Tech

Jennifer Mertens pour 20 Minutes
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Le Freedom Phone, un smartphone qui soutient la liberté d’expression
Le Freedom Phone, un smartphone qui soutient la liberté d’expression — Geeko

Une nouvelle marque de smartphones vient de faire son apparition, il s’agit du Freedom Phone. Porté par le « plus jeune milliardaire du bitcoin » autoproclamé Erik Finman, le projet du Freedom Phone mise sur le respect de la vie privée de ses utilisateurs et la liberté d’expression pour séduire les acheteurs.

Contrairement aux autres smartphones, le Freedom Phone tourne sous un OS anticensure, FreedomOS, un mélange « maison » de plusieurs systèmes d’exploitation (AOSP, LineageOS et GrapheneOS) et n’embarque que des applications préinstallées en faveur de la confidentialité ou de la liberté d’expression telles que DuckDuckGo, Rumble ou encore la très controversée Parler.

Il est également question qu’aucune application ne soit jamais bannie de sa boutique dédiée, le PatriApp Store. Les applications des Big Tech sont donc totalement téléchargeables sur le Freedom Phone, malgré les critiques du concepteur du téléphone envers Facebook, Twitter et compagnies.

Les utilisateurs pourront avoir un contrôle total sur leurs données et gérer le traitement qui leur est réservé grâce à l’outil Trust. Enfin, Erik Finman assure que les utilisateurs ne seront jamais espionnés ni pistés dans leurs déplacements.

Des promesses plutôt alléchantes sur le papier, mais quand on y regarde de plus près, on se rend compte que la communication autour du Freedom Phone démontre une inclination politique très pro-Trump. « Not just making America great. But also making a great phone » indique ainsi le site, faisant directement référence au slogan de Donald Trump lors de sa campagne présidentielle en 2016.

Dans sa vidéo de présentation, Erik Finman s’en prend également directement aux réseaux sociaux qui ont banni l’ancien président américain ; « personne n’a élu Mark [Zuckerberg] ou Jack [Dorsey] pour être les arbitres de la vérité aux États-Unis et ils ont quand même pensé qu’il était normal d’interdire un président en exercice sur leurs plateformes ».

Des performances inconnues

La communication poussée autour du Freedom Phone et de sa politique très libertaire et soi-disant respectueuse de la vie privée des utilisateurs ferait presque oublier l’absence d’informations essentielles pour les consommateurs : la fiche technique de l’appareil.

En dehors de quelques lignes, on ne sait pas grand-chose au sujet des caractéristiques techniques du smartphone. Celui-ci dispose d’un grand espace de stockage – de quelle capacité ? –, d’un écran 6 pouces – quel type d’écran ? –, d’une « bonne » caméra – combien de capteurs ? Quelle capacité ? – et serait « rapide », malgré le fait qu’il soit « abordable ». Difficile d’imaginer que des clients puissent s’offrir un tel smartphone vendu 499 dollars (422 euros) sans en connaître les performances, en se basant simplement sur un marketing pro-liberté d’expression.

Un smartphone made in China

Le manque de communication sur ce qui se trouve dans les entrailles du smartphone a poussé plusieurs personnes à enquêter sur ses origines. Selon The Daily Beast, le Freedom Phone serait en réalité une version modifiée du Umidigi A9 Pro, un smartphone chinois vendu 120 dollars. Erik Finman a confirmé que la société de technologie chinoise Umidigi était le fabricant du Freedom Phone, sans en préciser le modèle.

L’homme d’affaires a tout de même indiqué que son téléphone profitait de matériaux personnalisés et d’une mémoire améliorée, sans plus de précision. Le fait que son concepteur se soit tourné vers une société chinoise pour élaborer son smartphone patriote étonne tout de même un peu…