Réalité virtuelle : L’Anses alerte sur les risques de cette technologie pour la santé

PREVENTION L’Anses recommande notamment d’éviter l’usage de la réalité virtuelle pour les personnes épileptiques ou encore les femmes enceintes

20 Minutes avec agences

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Le futur vacancier enfile un casque de réalité virtuelle pour s'imaginer déjà sur son transat
Le futur vacancier enfile un casque de réalité virtuelle pour s'imaginer déjà sur son transat — GABRIELLE LURIE AFP

L’Anses alerte ce jeudi sur les effets indésirables de la réalité virtuelle. En plein essor dans le domaine des loisirs, cette technologie peut provoquer des désagréments temporaires chez des personnes sensibles comme des nausées, prévient l’autorité sanitaire qui émet des conseils pour s’en prémunir dans son rapport.

Dans la réalité virtuelle (RV), l’utilisateur s’immerge dans un monde qui n’est pas réel entièrement généré par un ordinateur via le port d’un visiocasque par exemple. Il peut s’y promener, traverser des pièces. Avec la réalité augmentée (RA), il peut projeter (avec des lunettes, un smartphone, une tablette) des éléments fictifs sur l’environnement réel comme un canapé dans un salon.

Le système sensoriel peut être perturbé

« L’exposition à la réalité virtuelle peut perturber le système sensoriel et conduire à des symptômes (nausées, vertiges, sueurs, pâleur, pertes d’équilibre…) regroupés sous la dénomination de "cybercinétose" » et qui peuvent apparaître dès les premières minutes chez certains.

En outre, la lumière bleue des écrans LED peut perturber le sommeil et le clignotement, parfois imperceptible, de la lumière émise par ces écrans, peut déclencher des crises d’épilepsie chez des personnes prédisposées.

« Le corps fournit un effort important pour s’adapter au monde virtuel (…), ce qui peut occasionner une certaine fatigue ». D’où l’importance de prévoir « un temps de repos d’une heure ou deux avant de reprendre une activité nécessitant une forte concentration comme la conduite de sa voiture par exemple » explique Dina Attia, coordinatrice scientifique de l’expertise de l’Anses, citée par l’AFP.

Les personnes épileptiques particulièrement vulnérables

Elle conseille également d’éviter les écrans deux heures avant le coucher, en particulier pour les enfants et les ados « plus sensibles à la lumière bleue » et « d’éviter l’usage de ces technologies » pour les personnes épileptiques ou identifiées comme sensibles : femmes enceintes, personnes souffrant du mal des transports, présentant des troubles de l’équilibre ou sujettes aux migraines, etc.

La durée moyenne d’une séance est supérieure à une heure, d’après un sondage réalisé en 2019 par l’Anses. Les utilisateurs adultes sont plus souvent des hommes (57 %), de 40 ans en moyenne, issus des catégories socio-professionnelles supérieures (43 %), utilisant un smartphone. Chez les enfants, la réalité virtuelle est principalement associée aux jeux vidéo. L’âge moyen est de 12-13 ans. Ce sont un peu plus souvent des garçons (55 %).