Coronavirus à Rennes : Les renforts médicaux se forment à la réanimation avec la réalité virtuelle

TECHNOLOGIES Une centaine d’infirmiers et d’aides-soignants vont être formés ces prochains jours grâce à la solution développée par la start-up rennaise Simango

Jérôme Gicquel

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Illustration d'un service de réanimation. Ici à l'hôpital Lyon Sud.
Illustration d'un service de réanimation. Ici à l'hôpital Lyon Sud. — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
  • Des renforts sont attendus dans les services de réanimation où la pression se fait toujours sentir.
  • Pour les former à la « réa », la start-up rennaise Simango fait appel à la réalité virtuelle.
  • Un casque sur la tête, des infirmiers ou des aides-soignants découvrent ainsi la réalité du service en conditions réelles.

Avec près de 6.000 personnes soignées dans les services de réanimation, la situation est toujours tendue dans les établissements hospitaliers en France. Pour faire retomber un peu la pression, le président Emmanuel Macron a promis le 31 mars des renforts de personnels. Depuis quelques jours, des infirmiers, des aides-soignants ou des étudiants en médecine se mobilisent ainsi pour prêter main-forte à leurs collègues.

Mais débarquer en « réa » ne s’improvise pas au vu de la lourdeur des soins qui y sont prodigués et de la surveillance accrue qu’exigent les patients. Le service peut même faire peur à certains professionnels de santé. « J’y ai passé quelques jours quand j’étais interne et je n’étais vraiment pas à l’aise avec ces bips et ces sonneries en permanence, raconte Vincent-Dozhwal Bagot, médecin de santé publique. J’avais aussi du mal à comprendre qui faisait quoi ».

Le fonctionnement d’un service de réanimation en conditions réelles

Le professionnel a depuis troqué sa blouse pour une casquette d’entrepreneur mais il continue toujours d’œuvrer dans le domaine de la santé. En pleine troisième vague de l’épidémie de Covid-19, le cofondateur de la start-up Simango, basée à Rennes, vient ainsi de lancer une formation en accéléré pour les soignants appelés en renfort dans les services de réanimation. Elle s’appuie sur la réalité virtuelle, de plus en plus utilisée dans le domaine de la santé. Un casque vissé sur la tête, le « stagiaire » se retrouve d’un coup immergé dans le service de réanimation de la clinique de l’Europe à Rouen où ont été tournées les images avec une caméra 360 degrés.

En une trentaine de minutes, il découvre le fonctionnement et l’organisation de cette unité très spéciale où le travail en équipe est fondamental. Il assiste aussi en conditions réelles à des gestes techniques comme le changement de position des patients pour prévenir des escarres ou les procédures d’habillage ou de déshabillage. « Les personnels soignants qui suivent cette formation ne deviendront pas d’un coup des professionnels de réanimation mais ils pourront au moins aider dans le service, souligne Vincent-Dozhwal Bagot. Cela permet aussi d’en rassurer certains ».

Une centaine de professionnels formés d’ici la fin du mois

Avant leur prise de poste, une trentaine d’infirmiers et d’aides-soignants des cliniques du groupe Vivalto Santé ont ainsi suivi la première session de formation vendredi et 70 autres professionnels y participeront d’ici la fin du mois à Rennes et Nantes. « On espère commercialiser cette formation qui a été pensée aussi pour l’après-Covid à d’autres établissements », indique le cofondateur de Simango.

Proposant toute sorte de formations immersives en santé à ses clients, la start-up rennaise, qui emploie 18 salariés, a déjà équipé une centaine d’hôpitaux publics et privés en casques de réalité virtuelle.