Alpes-Maritimes : La reconnaissance faciale débarque dans des distributeurs automatiques

TECHNOLOGIE Près de Nice, la société Bleutec System a équipé les automates d'une boutique de e-cigarettes pour compléter l’offre de proximité « sans limite de plage horaire »

Elise Martin
Christophe Semel, fondateur de Bleutec System devant un distributeur automatique Vapeself 2
Christophe Semel, fondateur de Bleutec System devant un distributeur automatique Vapeself 2 — Bleutec System
  • Bleutec System est une entreprise située à Carros, créée par Christophe Semel en 2007. Elle est spécialisée dans la fabrication de distributeurs automatiques.
  • En 2014, il lance le Vapeself, un distributeur automatique dans le domaine de la vape, les cigarettes électroniques et autres produits.
  • Liée à une application mobile, cette machine peut désormais fonctionner 24 h/24, sans la nécessité de se faire délivrer une carte d’accès pour prouver sa majorité. Une fonctionnalité disponible grâce à l’intégration de la reconnaissance faciale.

Pour déverrouiller son téléphone ou pour passer les portiques de douanes dans les aéroports, la reconnaissance faciale s’est inscrite dans notre quotidien. A Nice, elle a même fait l’objet d’une expérimentation sur la voie publique lors du Carnaval 2019. A l’ouest de la ville, à Carros, Bleutec System, une société d’innovation et de technologie, vient d’intégrer ce système à ses distributeurs automatiques, les Vapeself 2. Une première en France.

« La société de consommation tend vers du commerce de proximité tout en étant sans limite horaire, comme sur Internet, affirme Christophe Semel, fondateur de l’entreprise. Cette volonté d’avoir « tout, tout de suite », c’est notre créneau. Le produit que nous commercialisons, comme le Vapeself, est un distributeur automatique de vape, avec des e-cigarettes par exemple. Mais c’est une vente qui est réglementée. En effet, il est nécessaire de prouver la majorité de l’acheteur pour pouvoir délivrer un article. C’est là que Bleutec Sytem permet de ne plus passer par le magasin et d’avoir directement sa carte d’accès grâce à l’application liée ».

Un système qui respecte le RGPD

Concrètement, comment ça fonctionne ? Le dirigeant de Bleutec System développe : « La personne, majeure, arrive sur le lieu de l’automate, présente son QR code qui justifie de la possession d’une carte d’accès, délivrée avec un code secret qui prouve sa majorité. Elle devra ensuite prouver son identité grâce à un document officiel et prendre une photo selfie en mouvement pour garantir à nouveau qu’il s’agit bien de la même personne qui achète, également titulaire de la carte d’accès disponible sur l’application mobile. »

Pour intégrer ce système, la société maralpine s’est associée à l’entreprise américaine Jumio. « Du fait qu’elle soit étrangère, elle a une base de données qui permet d’avoir connaissance de documents d’identités internationaux », indique Christophe Semel. Une base de données exploitée « exclusivement » pour la reconnaissance faciale et qui « répond aux critères du règlement européen de protection des données personnelles (RGPD) », entré en vigueur en mai 2018, assure le patron.

La reconnaissance faciale « sans de possibilité de fraude »

Avec ce système, l’Azuréen affirme que les dérives ne sont pas possibles. « C’est toujours lié à la personne donc il n’y a pas de possibilité de fraude tant il y a des points de contrôles. Aujourd’hui, on utilise cette intelligence artificielle pour la vape mais ça ouvre d’autres portes, comme l’alcool dans les supermarchés automatiques par exemple ou dans l’événementiel. »

Au-delà de la reconnaissance faciale, Bleutec System commercialise également des distributeurs automatiques multiproduits pour proposer aux commerçants « un service 24/24 » et ainsi « diversifier leur offre tout en faisant du chiffre d’affaires ».

Le dirigeant de la société résume : « Avec cet automate, on peut insérer n’importe quel produit. La boulangerie pourra proposer des menus à venir récupérer tout en s’occupant du rush du midi. Le producteur local peut y insérer son miel et son chèvre tout en gérant à distance son stock et en choisissant ce qu’il veut mettre en avant. On est dans cet esprit après covid de ne pas perdre de temps ou de clients. »