Bretagne : Face aux géants du Web, la messagerie Treebal se rêve en alternative verte

APPLICATION Portée par la société rennaise Dolmen, la start-up s’engage à protéger les données de ses utilisateurs tout en œuvrant pour la planète

Jérôme Gicquel

— 

David Godest, PDG de la société rennaise Dolmen à l'origine de la messagerie Dolmen.
David Godest, PDG de la société rennaise Dolmen à l'origine de la messagerie Dolmen. — Treebal
  • Développée par une société rennaise, la messagerie instantanée Treebal se veut une « alternative européenne » aux géants du numérique.
  • Elle mise sur la sécurité en chiffrant de bout en bout les messages envoyés par ses utilisateurs.
  • Elle se veut également éco-responsable en finançant des projets pour la préservation des forêts à travers la planète.

Elles font désormais partie de nos vies. Cela fait déjà un bout de temps que les messageries instantanées gratuites ont pris d’assaut nos téléphones, ringardisant le bon vieux texto. Et dans ce domaine, la concurrence est féroce entre les Whatsapp, Signal, Telegram et autre Messenger qui se partagent des milliards d’utilisateurs. Au milieu de ces ogres, certains acteurs tentent de se faire une place. C’est le cas de la messagerie Treebal, disponible depuis quelques jours en France sur iOS et Android. Portée par la société rennaise Dolmen, spécialisée dans la communication digitale, l’application se veut « une alternative européenne à ces géants du numérique », selon son PDG David Godest.

Pour se démarquer, Treebal joue la carte de la sécurité, certaines messageries étant régulièrement accusées d’exploiter ou de partager les données de ses utilisateurs. « Qui accepterait qu’un facteur lise son courrier ? », interroge le fondateur de Dolmen. Pour respecter la vie privée, Treebal va ainsi chiffrer de bout en bout les messages, à la fois le contenu mais aussi les métadonnées. « L’application jouera juste le rôle de transporteur du message, rien ne sera stocké sur nos serveurs », assure David Godest. Pour pousser plus loin la sécurité, la messagerie s’engage même à supprimer automatiquement tous les messages au bout de sept jours. « Cela ne sert à rien de stocker tous ces messages et ces émojis qui ne seront jamais relus, souligne-t-il. Et cela permet de réduire aussi l’empreinte carbone ».

La moitié des revenus générés servira à planter des arbres

Comme le moteur de recherche allemand Ecosia, la messagerie bretonne revendique en effet une démarche éco-responsable. Pour protéger la planète, elle s’est associée à l’association Planète Urgence et à l’entreprise EcoTree qui œuvrent toutes les deux à leur niveau pour la préservation des forêts à travers le monde. « L’idée n’est pas de faire culpabiliser les utilisateurs mais de leur faire prendre conscience qu’ils peuvent agir pour limiter l’impact environnemental du numérique », indique David Godest.

Gratuite pour le grand public mais payante pour les professionnels, Treebal s’engage ainsi à convertir les messages numériques de ses utilisateurs en arbres plantés. « La moitié des revenus générés servira à financer des projets de reforestation », détaille l’entrepreneur.

Testée depuis plusieurs semaines, la messagerie, qui sera disponible dans toute l’Europe courant juin, compte déjà plusieurs milliers utilisateurs. Et elle ne compte pas s’arrêter là. « On vise des centaines de milliers d’utilisateurs d’ici quelques mois et plusieurs millions dès l’an prochain. Car si on n’atteint pas très vite cet objectif, on risque de rapidement disparaître ». Un sort que connaissent malheureusement trop bien les forêts.